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On en parle
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Journée nationale Lire et faire lire
Une journée nationale regroupant tous les membres nationaux de l’association Lire et faire lire s’est tenue le 16 juin 2004 à Paris.
Centrée sur la présentation du bilan de l’année 2003-2004, la journée a inclus une table ronde consacrée au livre, « outil intergénérationnel », la présentation du Prix Poésie de Lire et faire lire et de son lauréat 2004. Quatre ateliers ont permis de développer les thèmes suivants :
- la mise à jour de la charte de Lire et faire lire ;
- les statuts pour les associations locales Lire et faire lire ;
- la mobilisation des acteurs locaux ;
- l’accompagnement des bénévoles.
La journée a été ouverte par Pascal Guénée, président de l’association Lire et faire lire, et Alexandre Jardin, co-fondateur et porte-parole de l’association dont on fête le 5e anniversaire. Pour Alexandre Jardin, la dynamique lancée par Lire et faire lire est devenue irréversible. L’augmentation des adhésions des bénévoles est franchement encourageante. On sent que l’opération devient vraiment nationale, ce qui n’était pas envisageable au départ.
Grâce à cette montée en puissance, il faut amener les enfants vers des habitudes de lecture. Si on tend vers cet objectif, ce serait formidable que, dans cinq ans, des séances Lire et faire lire aient lieu non plus une mais deux fois par semaine.
À l’occasion des 45 ans d’Astérix cette année, Uderzo souhaite mettre en place un projet de hors-série, écrit par une vingtaine d’écrivains qui traiteront le sujet selon leur univers. Il projette de tirer ce hors-série à 45 000 exemplaires. Un fonds de soutien sera créé par Uderzo à cette occasion à la rentrée prochaine, qui permettra l’ouverture du fonds d’Astérix : pour chaque numéro vendu, un euro sera reversé à l’association Lire et faire lire.
Si l’on veut faire un peuple de lecteurs, il faut monter en puissance en terme de fréquence des animations de lecture au sein des écoles.
« Le livre, outil intergénérationnel »
Geneviève Arfeux-Vaucher, directrice de recherche à la Fondation nationale de gérontologie à Paris, montre que le livre peut être un support à des relations intergénérationnelles de plusieurs manières.
Dans le cadre du Prix Chronos de littérature, créé en 1996 par la Fondation nationale de gérontologie, le livre est au service des liens intergénérationnels. Tous les livres proposés aux lecteurs ont pour thèmes les relations entre les générations, la transmission du savoir, le parcours de vie, la vieillesse et la mort. Ces livres, de par leur contenu, sont donc le support à une relation transgénérationnelle (plutôt qu’intergénérationnelle). L’organisation du Prix Chronos permet des rencontres entre jurés jeunes et personnes âgées autour des livres sélectionnés, autour du vote… Accepter que « Grandir, c’est vieillir » et « Vieillir, c’est grandir » demande une vraie révolution des mentalités. Dans cette perspective, lire est le support de la relation à l’autre, et permet des allers-retours, une relation intime. Le Prix Chronos est adapté aux tranches d’âges des lecteurs. On propose aux jurés de réfléchir à l’aspect transgénérationnel à travers la lecture. Réfléchir au parcours de vie, c’est permettre aux jeunes de s’accepter dans le vieillissement. L’intergénération est déjà dans le contenu de ces ouvrages : « Vieillir, c’est la vie ». Les témoignages des enfants montrent que, malgré l’apparence qui pose la question du vieillissement, les vieilles personnes recèlent des trésors de possibilités d’apprentissage, de nouveauté, de découverte. Pour les enfants, c’est finalement réconfortant. Vieillir, c’est prometteur aussi, cela change leur regard sur leur parcours de vie. L’intergénération ne concerne pas uniquement les retraités, mais aussi les générations intermédiaires. Le Prix Chronos nous place dans l’intergénérationnel, en étant un outil de dialogue pour les plus jeunes et les plus âgés. Finalement toutes les générations se sentent concernées, parce qu’il y a des livres que les enfants adoptent mais qui posent problème aux adultes. Les jeunes stimulent les adultes, les remettent en cause. Le Prix Chronos est doublement intergénérationnel par la rencontre entre les générations et par l’accès au lien transgénérationnel à travers le contenu du livre.
Céline Naegelen, de la Ligue de l’enseignement du Haut Rhin, témoigne de la mise en application et de la diffusion du Prix Chronos dans sa région. Son témoignage repose sur trois volets du projet de lecture qui sont les objectifs du Prix Chronos :
- le lien intergénérationnel qui pose les questions de la transmission de valeurs, de l’accompagnement des enfants dans leurs émotions, du travail sur des sujets liés à la mort, de la dédramatisation de l’expression de l’angoisse, du tabou ; sensibiliser les jeunes à la découverte du parcours de vie, de la naissance, de la mort, c’est affirmer : « Grandir, c’est vieillir ; vieillir, c’est grandir. » ;
- l’apprentissage de la lecture en développant le goût de la lecture chez les jeunes ;
- l’apprentissage de la citoyenneté en éduquant à la citoyenneté grâce au vote individuel.
Fanny Joly est écrivain et auteur de livres pour enfants. Elle a publié plus de 150 titres d’ouvrages. Elle revendique le fait de ne pas être apôtre de l’intergénérationnel : « J’interviens en tant que fournisseuse. » Ses ouvrages tournent autour des thèmes du rire, du plaisir de rire, de la symbolisation par différentes figures et divers âges : « Je suis sensible à vos actions. J’ai tendance à vouloir faire rire et alléger une situation dramatique sur le ton de l’humour. »
Parmi les livres qu’elle a écrits, notamment Qui a piqué les contrôles de français ?, Fanny Joly adopte une tournure d’esprit moqueuse et acide, voire méchante et dure, mais cela ne pose aucun problème : les enfants ont beaucoup d’humour et ils comprennent tout ! Ses livres parlent de la famille, des plus jeunes et des plus âgés, des thèmes qui lui tiennent à cœur, qui touchent le cœur et les préoccupations des gens. Elle est intervenue dans la ville de Moulins dans l’Allier pour travailler avec le service de gérontologie. Ce travail d’un an sur le lien, sur la vieillesse, a été à la fois très intéressant et émouvant.
Geneviève Arfeux-Vaucher réagit : - Les enfants ont besoin d’apprendre la vie. Il faut aider les enfants à mûrir à travers la lecture, à changer leur regard sur les personnes quels que soient leur âge et leur apparence. Votre témoignage, Fanny Joly, conforte et rassure.
Monique Sassier, directrice générale de l’UNAF (Union nationale des associations familiales), se propose de fournir quelques éléments autour du livre et de cette relation intergénérationnelle. À quoi sert-elle ? Que serait une démarche autour du lien intergénérationnel en faveur du goût du livre, du goût du lire et du faire lire ? Il faut tout d’abord souligner la découverte des générations entre elles, avec une rupture de la démarche classique des filiations. Ceci est un élément à rendre plus prospectif car il y a des idées à développer autour des familles de voisinage, du fait du nombre d’enfants moins important par famille que jadis.
C’est ensuite une démarche de décloisonnement. La rencontre avec d’autres bénévoles et d’autres enfants est très porteuse. Ces rencontres horizontales et partagées sont un élément de lien social. Elles sont porteuses de richesse et rompent l’isolement.
Ce lien intergénérationnel est aussi une démarche autour de l’envie et du désir partagé. Le livre est un outil de transition et de transaction concernant l’autorisation de lire et de faire lire.
Les adultes sont les relais, les passeurs et pas seulement les enseignants ; ils sont les médiateurs permettant l’échange par-delà les générations, entre les bénévoles, entre les jeunes qui lisent et qui apprennent. Le livre est l’élément tiers de cette rencontre.
Le livre dans sa fonction de tiers est l’occasion de partager avec l’autre des secrets, des histoires personnelles. Je reviens sur cette émotion partagée évoquée précédemment : la rencontre entre les générations permet d’échanger sur les sujets de la vie, la vieillesse, la mort….
Quelle explication peut-on donner à la démarche des bénévoles ? On ne peut pas vivre sans avoir besoin de se sentir utile au monde. Comme l’a dit Alexandre Jardin, il faut que la lecture soit un mode de vie, car elle se fonde sur l’émotion, le sentiment, le partage, la peine…
À l’UNAF, nous avons mené une réflexion sur les démarches dans les crèches jouxtées à des lieux d’accueil de retraités pour prolonger cette démarche autour du lien culturel et du partage.
Geneviève Arfeux-Vaucher : - En province, la cohabitation et la rencontre entre tous les âges sont plus simples à condition qu’il y ait un respect du temps de chacun, un respect du rythme des uns et des autres. Je voudrais rebondir sur la question de la solitude et de l’isolement évoquée. Plus que de la solitude, les vieilles personnes souffrent surtout de l’inutilité. Les rencontres entre retraités et personnes plus jeunes permettent de travailler la notion d’utilité sociale. L’inutilité chez les retraités est beaucoup plus importante que la solitude. L’association Lire et faire lire sert à cela, elle a une utilité sociale qui se trouve au cœur de la dynamique du vieillissement. L’utilité est aussi dans la tête. Il ne faut pas être contraint par une seule forme d’utilité. C’est la question que se posent beaucoup de retraités : « Comment finir ma vie en laissant une belle image de moi face aux jeunes générations ? »
Fanny Joly rebondit quant à elle sur l’évocation des crèches jouxtant les maisons de retraites en témoignant d’une expérience qu’elle a vécue. Accompagnant son fils toutes les semaines dans un centre sportif situé près d’un centre de cancérologie de Villejuif, elle voit se créer un échange entre les malades et les sportifs, ce qui est riche pour tout le monde. Elle rebondit également sur l’utilité de créer des moments intimes. À partir de l’un de ses ouvrages, un dessin animé a été réalisé, la série « Hôtel Bordemer » ; il est aujourd’hui diffusé tous les mercredis matins et regardé par 350 000 enfants. Elle ne remet pas en question le type de support qu’est la télévision, mais aspire néanmoins à faire des milliers de petites rencontres, non sur écran mais dans la vie réelle et dans des moments vrais. Une bibliothèque de ville moyenne offre entre 15 000 et 30 000 titres de jeunesse, donc autant de livres et de moments à vivre qui peuvent être des contrepoisons au « phénomène-écran ».
Réaction dans la salle : - Je peux témoigner du très grand enthousiasme de la collaboration des maisons de retraite avec les crèches, très intéressées les unes par les autres.
Monique Sassier : - Je reviens sur l’idée d’être utile au monde. Quand vous évoquez l’humour et l’émotion, c’est par delà les langues et les cultures. On a cette idée d’être utile au monde quand les frontières s’ouvrent. Cette démarche est incluse dans Lire et faire lire. Ce que je ressens des difficultés autour du bénévolat, c’est l’idée que l’activité doit prendre sens au-delà de l’activité accomplie, en n’ayant pas en tête l’idée de « l’utilité utilitaire ».
Pascal Guénée conclut cette table ronde en insistant sur la dimension de l’utilité et du lien transgénérationnel que revendique Lire et faire lire.
BILAN
Bilan national
Le bilan national quantitatif et qualitatif de l’année 2003-2004 est présenté par Laurent Piolatto, délégué général de Lire et faire lire.
- L’évolution des inscriptions : le nombre des inscriptions des bénévoles a évolué de 16 %, passant de 7 210 bénévoles en 2003, à 8 641 bénévoles pour l’année 2004.
394 sites expérimentaux (composés de centres de loisirs, de crèches, de collèges) ont été implantés en 2003-2004 dans toute la France, dont 45 % de crèches et 33 % de collèges.
Le statut des bénévoles comprend 6 230 actifs et 2 411 inactifs (qui représentent les personnes non affectées à une école), soit 25 %.
- Les thématiques des formations : 60 % des formations sont fondées sur la littérature jeunesse (dont la lecture à voix haute), 25 % sur la psychologie.
- La répartition géographique : Lire et faire lire est un programme véritablement urbain qui touche 45 % des écoles en zone urbaine contre 25,5 % en milieu rural, 13 % en zone suburbaine et 16,6 % non précisés.
On note que 14 % des écoles sont situées en ZEP.
En 2004, la Lozère est le nouveau département qui a rejoint l’association Lire et faire lire.
En moyenne, 2,7 classes par école participent à l’association Lire et faire lire.
- Les financements extérieurs des actions sur la base des déclarations des coordinateurs représentent :
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. 40 % financés par les collectivités territoriales ;
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. 28 % financés par l’État (DDJS, directions départementales de la jeunesse et des sports, et DRAC, direction régionale des affaires culturelles) ;
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. 12 % financés par le FNDVA (Fonds national pour le développement de la vie associative) ;
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200 000 euros pour l’année ont été attribués pour 2003-2004 à l’association
Lire et faire lire :
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. l’État (DDJS et DRAC) donne en moyenne 1 940 euros par département ;
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. le FNDVA donne 2 647 euros (9 départements sont concernés) ;
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. la CAF (Caisse des allocations familiales) donne 3 575 euros par département ;
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. au niveau des collectivités territoriales, les mairies attribuent en moyenne 1 700 euros ;
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. le mécénat attribue 1 762 euros par département.
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- Le temps des coordinateurs consacrés au programme et au fonctionnement : les bénévoles consacrent en moyenne une heure par semaine et les salariés consacrent 3 h 45 min. Chaque année, 1 000 heures sont consacrées par semaine pour faire vivre le programme Lire et faire lire.
- Les partenaires sont aussi les institutions que rencontre Lire et faire lire, les associations avec lesquelles Lire et faire lire travaille et a entrepris de joindre ses forces, notamment les Aînés ruraux, à travers un appel commun qui sera lancé l'automne prochain au Salon des maires. Par ailleurs Lire et faire lire rejoint le comité consultatif de l'ANLCI (Agence nationale de lutte contre l'illettrisme) dirigée par Marie-Thérèse Geffroy. Lire et faire lire participe également aux travaux de France bénévolat, dont la démarche d'analyse des motivations et caractéristiques des bénévoles sera utile pour mieux répondre aux demandes des lecteurs retraités. Enfin, Lire et faire lire participe à la Grande cause nationale qui, cette année, a pour thème la fraternité.
Pour conclure le bilan, Laurent Piolatto émet plusieurs souhaits :
- réunir à l’échelon régional tous les coordinateurs sur les questions propres à chaque région ;
- accroître la médiatisation de Lire et faire lire grâce au Salon du livre, à Internet, aux opérations de presse spécialisée lue par les enseignants et les parents d’élèves…
Bilan de Lire et faire lire en Suisse et à Monaco
Sonia Donato, coordinatrice en Suisse, explique que Lire et faire lire, programme lancé en France, a été relayé en Suisse romande en 2001 par la Fondation pour l'écrit, avec l'appui du Salon international du livre et de la presse de Genève. De 10 écoles dans 5 cantons romands en 2003, Lire et faire lire Suisse est passée en 2004 à 25 écoles dans 7 cantons qui adhèrent à cette association. L’objectif est d’étendre le programme à toute la Suisse romande. Lire et faire lire en Suisse est partenaire avec le Prix Chronos, le Salon international du livre et de la presse de Genève qui se déroule en avril-mai et l’éditeur France Loisirs-Suisse.
Les choses démarrent de manière assez rapide dans les autres cantons tandis qu’à Genève, les choses sont plus difficiles à faire avancer du fait de la lourdeur de la gestion administrative.
Lire et faire lire intervient en milieu para-scolaire et scolaire à raison d’une heure toutes les deux semaines.
Claire Calcagno, coordinatrice de Lire et faire lire à Monaco, voit dans ce dispositif une formidable capacité de donner et de recevoir en échange. Elle constate en revanche la difficulté de fidéliser le bénévolat. En effet, les bénévoles demandent plus qu’ils n’offrent. Il est important de mettre une méthodologie en place. Une formation annuelle a lieu en septembre, suivie par les animations de lecture proposées par l’association Lire et faire lire d’octobre à mai. Cette formation regroupe une conseillère pédagogique par ailleurs écrivain, un professeur d’histoire-géographie amateur de théâtre en parallèle, ce qui permet de mettre en place des animations lecture axées sur le théâtre. Le programme de formation concerne essentiellement l’animation de la lecture et remporte un vif succès auprès des bénévoles.
Une remarque émanant de la présidente de l’association Je lis, tu lis, nous lisons de Monaco : - Parmi les intervenants, certaines personnes jouent le rôle de référent en coordonnant les bénévoles. Le référent est chargé de communiquer avec les absents pour éviter toute rupture dans le programme d’animation.
Une remarque d’une coordinatrice du Gard : - À l’instar de l’association de Monaco, l’action dans le Gard est structurée par la mise en place (par les écoles, les communes, les bibliothèques) d’un référent situé au plus près des intervenants pour éviter les problèmes. Et ceci fonctionne très bien. Par contre, on constate qu’il est plus difficile d’aller lire dans un collège, c’est totalement différent de l’école primaire. Il faudrait créer un groupe de travail pour réfléchir à cette lecture en collège. Dans quels collèges ? Quels niveaux ? Les classes de 6e, les classes de 5e ?
Éric Favey, secrétaire national Culture Éducation de la Ligue de l’enseignement, répond : - L’année dernière, un groupe a suivi cette expérimentation en collège. Mais chacun agit en fonction de sa capacité d’approche du collège. Le collège est une autre machine, une institution lourde qui dispose d’un projet hors temps scolaire. L’année prochaine, on obtiendra progressivement des témoignages d’interventions dans les collèges. Il faut faire circuler des savoir-faire dans les associations.
Une représentante de la Ligue de l’enseignement en Ille-et-Vilaine : - Je voudrais faire part d’une expérimentation auprès des enfants du voyage : depuis un an, tous les mercredis matin, deux personnes se rendent sur les terrains d’accueil pour lire aux enfants de 3 à 12 ans. Ce dispositif a beaucoup de succès.
Une représentante de la Ligue de l’enseignement à Toulouse : - Lire et faire lire est en plein développement. Cette volonté de développement dépend de la force de la Ligue pour assurer la permanence des bénévoles. Je mettrais en revanche un bémol sur le fonds de lecture de France Loisirs que je considère trop grand public. Il ne faut pas que le partenariat avec France Loisirs soit une promotion des « Martine ».
Éric Favey : - Pour la Ligue de l’enseignement, Lire et faire lire est un programme prioritaire. On constate qu’au sein des départements, chaque coordinateur et chaque bénévole est autonome. On parvient grâce à cette autonomie à avancer avec peu de choses. On y reviendra sans doute dans les ateliers.
Une question du public : - Je m’interroge, au niveau des départements, sur le manque de mobilisation des fédérations de parents d’élèves et des élus locaux qui ne connaissent pas ou peu Lire et faire lire. Ce manque est-il identique dans tous les départements ?
Éric Favey : - Les fédérations de parents d’élèves – la PEEP et la FCPE – ont rendu compte de leur mobilisation. Mais depuis deux ans, on a baissé la garde dans ce domaine. Il faut absolument cibler ces réseaux importants. Dans les départements, il faut rencontrer les fédérations de parents d’élèves, car il y a une très forte rotation des dirigeants ; il faut donc sans cesse se mobiliser et expliquer de nouveau le programme et les missions de Lire et faire lire. Dans un premier temps, il faudra se faire l’écho de ces rencontres. La Ligue fera ensuite le travail nécessaire.
Marie-Lise Fleury, FOL (Fédération des œuvres laïques) 86 : - Je souhaiterais témoigner de notre partenariat avec France Loisirs. Dans notre région, 15 écoles bénéficient d’une dotation de France Loisirs de 52 ouvrages dont les albums de Père Castor ou des encyclopédies d’histoire, qui sont des ouvrages de très bonne qualité, contrairement à ce qui a pu être dit auparavant.
Une coordinatrice de la Ligue de l’enseignement, en Isère : - Quelle énergie se donne l’équipe pédagogique vis-à-vis des bénévoles ?
Laurent Piolatto : - Les coordinateurs départementaux peuvent s’appuyer sur les équipes pédagogiques des écoles. Il est nécessaire d’impliquer et de mobiliser les bénévoles dans le projet pédagogique des écoles.
Une coordinatrice de l’UDAF des Pyrénées-Atlantiques : - Nous sommes sensibles à l’aspect qualitatif. La convention avec le CRILJ (Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse) permet d’assurer la formation de nos bénévoles. Il est important de former les bénévoles sur le contenu et les modalités pratiques des interventions des adultes auprès des enfants. Chaque année, nous proposons trois à quatre formations de sensibilisation et d’approfondissement. Nous intervenons aussi beaucoup en milieu rural. Les modules d’approfondissement posent les questions : comment raconte-t-on une histoire ? Comment lit-on ? Quels points d’appui devons-nous avoir ?
Prix Poésie des lecteurs Lire et faire lire
Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes, intervient concernant le Prix Poésie des lecteurs Lire et faire lire 2004. À travers la lecture d’un poème, on peut restaurer un rapport ému à la lecture et la littérature. Il faut vaincre la réticence partagée par de nombreux Français. Un dispositif comme Lire et faire lire est crucial pour aborder la poésie quand on est jeune. La seule transmission orale peut créer une révélation. Quelqu’un qui lit seulement un texte peut toucher tous les enfants. La poésie, dans sa teneur la plus dense, aborde différents sujets. L’année dernière, le Prix Poésie 2004 de Lire et faire lire a été remis à Michel Besnier. Cette année, la sélection 2005 est composée d’une commission de sélection composite (libraires, éditeurs, membres de Lire et faire lire…). L’anthologie et surtout les recueils de poèmes ont été privilégiés dans notre sélection. En partenariat avec le Printemps des poètes, Lire et faire lire a lancé, pour l'année 2003-2004, le Prix Poésie des lecteurs Lire et faire lire à l'échelle nationale dans sept départements.
Michel Besnier, professeur de lettres en région parisienne, est auteur de poèmes, essais, nouvelles et romans. Il lit, au grand plaisir de tous, des extraits de son livre Le Rap des rats qui a remporté le Prix Poésie des lecteurs Lire et faire lire 2004.
Michèle Bauby-Malzac, de la FOL à Paris, et Marcelle Bernon, de l’UDAF de Paris, témoignent de leur participation au Prix Poésie des lecteurs de Lire et faire lire. Ce prix représente le prix des lecteurs qui lisent à des enfants. Plusieurs questions se posent : comment faire pour financer ces cinq recueils ? Comment informer les bénévoles de cet événement ? Le fonctionnement est très pragmatique pour communiquer autour de ce prix dans le réseau : des bibliothèques ont acheté certains recueils, des écoles ont fait l’acquisition de ces recueils pour leurs bibliothèques. Ce qui permet une bonne diffusion de ces ouvrages. Cette année, une avance est prise en écrivant directement aux bénévoles. Il est important que les écoles et les bibliothèques puissent avoir à leur disposition ces recueils.
LES ATELIERS
Charte Lire et faire lire
Atelier animé par Cyril Seassau, de la Ligue de l’enseignement.
La charte de Lire et faire lire n’est pas une charte de l’école, mais une charte de projet éducatif.
Il faut travailler de manière urgente sur la charte et surtout sur la nécessité d’un chapeau sur lequel on ne transige pas.
Il est capital également de travailler sur les mots : dans quel temps nous situons-nous (scolaire, hors temps scolaire, périscolaire…) ?
Il faut s’orienter vers une charte basée sur une convention qui fixerait des règles et des contraintes.
Quels statuts pour les associations locales ?
Atelier animé par France Picard, de l’UNAF.
Trois types d’associations locales ont été recensés :
- l’association d’amis de Lire et faire lire ;
- l’association de coordination et de gestion départementale ;
- les associations qui n’ont aucun lien avec l’UNAF et la Ligue.
Il faut faire attention de ne pas perdre de vue le projet de Lire et faire lire en séparant ces trois réseaux. L’on peut émettre des idées de labellisation et de conventionnement sans aller vers la création d’un autre réseau, mais en travaillant sur le réseau de ces trois groupes.
La mobilisation des acteurs locaux
Atelier animé par Hélène Brus, du service culturel de la Ligue de l’enseignement du Morbihan et Damien Mesnil, de la Ligue de l’enseignement d’Eure-et-Loir.
La mise en place du programme repose sur une demande locale et doit s’exercer dans le cadre d’un partenariat construit avec l’ensemble des partenaires concernés sur un territoire donné : enseignants, bénévoles, milieu associatif, collectivités territoriales. C’est l’ensemble de ces partenaires qu’il s’agit de mobiliser et de fédérer. Cette nécessaire démarche partenariale a pour objectifs :
- de satisfaire aux demandes et exigences des principaux protagonistes au cœur du dispositif (enseignants, bénévoles) ;
- de garantir la qualité, le développement et la pérennité du programme.
De ce point de vue, la mise en place des CEL (contrats éducatifs locaux) intéresse particulièrement Lire et faire lire. Au cours de ses précédentes réunions, le groupe de travail a décidé de créer une « boîte à outils », alimentée par les pratiques et les initiatives des coordinateurs départementaux, et un document leur permettant d’établir un diagnostic des ressources, des partenaires et des acteurs en présence et mobilisables sur leur territoire dans le cadre du programme Lire et faire lire. Un document « spécial formation » est également envisagé. Ces documents doivent être finalisés en prenant en compte les remarques des départements intéressés. À la suite de cette journée nationale, l’expérience va être poursuivie avec l’objectif d’ouvrir aux coordinateurs tous les partenariats possibles.
Cette mise en place du programme repose sur une demande locale. Dans quel cadre veut-on inscrire ce programme ? Quels sont les besoins ? Quels publics veut-on viser avec ce programme ? Quels acteurs locaux veut-on mobiliser ?
Avec la collaboration de tous les coordinateurs présents ce jour, cet atelier permet de lister les différents acteurs du dispositif, les divers outils de diffusion pour mettre en œuvre le dispositif Lire et faire lire, selon trois types d’acteurs : l’éducation nationale, le milieu associatif et les collectivités locales :
- au niveau des collectivités : sont référencés les CEL, les chefs de projet, les médiathèques… ;
- au niveau de l’éducation nationale : les IEN (Inspecteurs de l’éducation nationale), les conseillers pédagogiques, les coordonnateurs ZEP, les RASED (Réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté), les syndicats d’enseignants, les directeurs d’établissements scolaires… ;
- au niveau des associations et des partenaires éducatifs et culturels : les clubs ou associations de retraités, les associations péri ou extrascolaires, les associations de parents d’élèves, les bibliothèques associatives…
Les parents, autres acteurs locaux, peuvent être informés via les directeurs d’école.
Une fiche pratique d’évaluation départementale doit être élaborée sous la forme d’une fiche-type, qui évite ainsi une gestion trop lourde, adaptée ensuite pour chaque partenaire. Elle pourrait également servir pour la presse.
Une représentante de la FOL 49 : - Au niveau des municipalités, je vous conseille de vous diriger vers les CCAS (Centres communaux d’action sociale). À la DRAC, le conseiller lecture peut également donner un coup de main.
Une représentante dans le public : - Parmi les acteurs, nous pouvons citer les fédérations départementales des Foyers ruraux, qui effectuent un travail de lecture à haute voix auprès des bénévoles, les centres socioculturels, les CLIC (Conseils locaux d’information et de coordination).
Une représentante de la FOL en Savoie émet une réserve quant à la fiche d’évaluation : - Je ne suis pas persuadée que cette fiche soit un bon outil. L’obstacle réside dans le fait de ne pas réunir les coordinateurs, les bénévoles… Personne ne se connaît. Il ne me semble pas nécessaire de décrire en détail ce que doivent faire les acteurs. Cela pose la question de la responsabilité de chacun et de la prise d’initiative. La solution est bien de construire ensemble.
Damien Mesnil : - En effet, nous pourrions créer une sorte d’annuaire de lecteurs, un répertoire des acteurs, en donnant une définition pour chaque structure afin que tous les partenaires, acteurs, bénévoles se connaissent.
Une personne de l’UDAF 18 : - Nous sommes ici aujourd’hui pour gagner du temps. Prendre des initiatives ou créer de nouveaux supports prend du temps et nous sommes preneurs de ce qui existe déjà.
Damien Mesnil : - Lire et faire lire reste dans une démarche de projet : il faut donc avancer de nouvelles idées pour faire avancer les choses. Nous pouvons nous appuyer sur l’existant tout en initiant des choses.
Une personne de la Ligue de l’enseignement des Vosges : - Je distinguerais trois éléments :
- la méthodologie, avec des fiches pratiques rappelant les pistes d’animation d’un réseau, le financement... ;
- le gain de temps grâce à la capitalisation des expériences ; on pourrait créer un recueil d’expériences mis en place sous forme de parole d’acteurs qui apporteraient des ouvertures ; ces recueils d’expériences pourraient capitaliser la richesse du réseau ;
- le contact avec les bénévoles, la médiation, l’explication du programme auprès des bénévoles. On a beau disposer de fiches, le contact est le meilleur moyen de communiquer. Il me semble que les fiches se situeraient plus du côté des coordinateurs que des acteurs.
Je citerai d’autre part un autre avantage de Lire et faire lire pour contribuer à ce partage d’expériences : la rubrique Marque-page, où devrait être créé un espace consacré aux paroles d’acteurs. Il faut pouvoir mutualiser les pratiques sur le site Internet de Lire et faire lire et/ou sur le Marque-page, ce serait tout aussi efficace (et dans un laps de temps réduit) que de créer un annuaire.
Pour la mise en place de formations éventuelles, quelles sont les ressources qui peuvent soutenir l’élaboration d’un projet ? Nous pouvons citer les DRAC, le Centre national du livre et les centres régionaux, le CREAL (Centre de ressources de l’écriture et des arts du livre) de Saint-Brieuc pour une aide au projet), le CRILJ, présent dans certains départements, les associations de conteurs et lecteurs, les CRI (Centres de ressources illettrisme), le personnel IUFM, les inspecteurs de la jeunesse et sports, les acteurs du Salon du livre, les pédopsychiatres...
Concernant les financeurs, le but de cet atelier est de lister les différents partenaires, de connaître les pistes employées par chacun, de savoir comment les autres s’y prennent pour obtenir des aides.
Damien Mesnil, de la Ligue de l’enseignement d’Eure-et-Loir, témoigne des démarches à effectuer dans son département : - Les dossiers de subventions sont uniques, ce qui permet de mettre en place des projets de manière rapide. Ces dossiers-types sont les dossiers COSA (Conseil d’orientation de la simplification administrative), téléchargeables sur le site Internet du ministère de la fonction publique et de la réforme de l’État.
Pour la DRAC, organisme régional, il est très important qu’il y ait concertation entre coordinateurs. Nous conseillons de se rencontrer et de discuter afin d’être le plus crédible possible devant le conseiller régional et de pouvoir défendre au mieux le projet. Il faut s’orienter vers ce regroupement, atout fort au niveau régional.
Une coordinatrice de la Marne : - La DRAC a été la première source de subvention pour Lire et faire lire dans la Marne. L’argument avancé se fondait sur l’intérêt de financer des formations qui intègrent à la fois les bénévoles et les professionnels. Il faut procéder de même à l’échelon départemental avec le conseil général. Il peut être intéressant pour lui, dans le cadre d’une politique territoriale, de subventionner ce type d’associations.
Une personne dans le public : - Il ne faut pas omettre les subventions sur demande provenant de la grande distribution comme la Fnac ou les clubs comme le Rotary Club. Nous pouvons compléter la liste des financeurs avec le FNDVA (Fonds national pour le développement de la vie associative), le FASILD (Fonds d’aide et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations) - sachant que les crédits ont baissé -, les CEL (contrats éducatifs locaux), la CAF, positionnée sur l’action départementale uniquement, le Centre national du livre, la DASS (Direction des affaires sanitaires et sociales), qui réserve un fonds pour tout ce qui concerne les gens du voyage, le Fonds européen Leader +, réseau européen du développement des zones rurales, le Fonds social européen, qui s’intéresse particulièrement aux enfants primo-arrivants. Sans oublier les banques, les fondations, les mutuelles sociales agricoles…
Ce travail d’énumération des différents financeurs possibles nous amène à constater que chaque département possède sa propre démarche.
L’accompagnement des bénévoles
Atelier animé par Monique Genton, de la Ligue de l’enseignement-Fédération des œuvres laïques en Charente.
Un travail a déjà été effectué sur ce thème en 2002-2003 : des outils « guides » ont été élaborés et expérimentés localement. En parallèle à ces outils, d’autres stratégies d’accompagnement ont été éprouvées dans les départements.
Dans la double perspective de pérennisation et de développement du dispositif Lire et faire lire, il est opportun en 2004 de mutualiser les expériences vécues, présentées avec leurs forces et leurs faiblesses, pour optimiser l’accompagnement des bénévoles et pour réfléchir aux moyens de sa mise en œuvre.
L’atelier se propose de questionner les fonctionnements actuels sur :
- le bénévole : quel engagement, quelle lecture, quelle reconnaissance ?
- le public : quelle interaction, quel partage ?
- les ancrages politiques, sociaux et culturels : spécificité et diversité, quelle implication ?
Après l’étape de l’installation, l’appropriation du système dans sa richesse et dans son organisation garantira le fonctionnement du dispositif dans la durée. Pour cela, il nous reste à inventer ensemble les pistes de travail.
Le manuel de l’accompagnement va permettre de réactualiser les outils avancés. Nous allons tenter de donner une méthode de travail pour mutualiser nos pratiques, mettre à jour des pistes de travail, réfléchir aux problèmes de l’accompagnement, s’interroger sur les aspects quantitatif et qualitatif.
Nous allons questionner nos pratiques pour mutualiser nos expériences et explorer les champs qui conditionnent nos actions, faire le choix d’un pilotage pour pérenniser nos actions.
Cette réflexion sur le plan général pourra se centrer aussi sur le plan régional.
Nous pouvons interroger l’aspect quantitatif selon cinq champs :
- Connaître le nombre de bénévoles, d’écoles car la variation est l’indicateur du bon fonctionnement.
- Interroger le contexte : est-ce que cela relève d’une responsabilité unique, d’une co-responsabilité, d’un partage des tâches, d’une circulation de l’information opérationnelle, d’une qualité du lien efficace pour tisser des liens sur un réseau plus large ?
- Réfléchir sur la durée des actions car le facteur temps a une répercussion sur les acteurs ; la fréquence est également un élément à prendre en compte.
- Réfléchir sur le nombre et la diversité des formations : la qualité des formations conditionne la qualité des lecteurs ; il est urgent de renforcer la qualité.
- Réfléchir aux outils d’évaluation de gestion : sont-ils opérationnels ? Pour qui ? Il est nécessaire de réfléchir sur les outils de communication pour être plus performant.
Concernant l’aspect qualitatif, différents champs sont à travailler :
- Comment mesurer la reconnaissance des bénévoles ? Manager une équipe de bénévoles, c’est les faire converger vers la même mission.
- Articuler les relations de proximité et les organiser : nous voulons des interrelations et des échanges. On veut installer, au-delà du plaisir, un rapport et une relation à trois, entre le lecteur, l’enfant et le livre déclencheur d’émotion, adapter la lecture au public par rapport aux tranches d’âge et aux lieux pour faire vivre le livre.
- Concernant l’ancrage socio-politique et culturel, nous devons organiser les participations, articuler les propositions et faire évoluer les demandes sur 3, 4 ou 5 ans.
- Interroger l’outil de pilotage, mesurer le renouvellement des bénévoles, des sites, mesurer l’implication des relais et des référents, mesurer le renouvellement des partenaires, créer des outils d’évaluation, tels sont les objectifs pour trouver un fonctionnement qui corresponde aux besoins de chacun et qui soit le mieux adapté pour tous. Il faut réfléchir sur le mode d’intervention. Monique Genton témoigne de son choix de la relation de proximité mais, de plus en plus débordée, elle a dû effectuer un réajustement en mettant en place des relais. Il faut donc multiplier les interventions et les planifier. Et trouver les bons interlocuteurs pour faire connaître Lire et faire lire.
- S’interroger sur la communication et ses outils est indispensable : il faut utiliser tous les leviers de la communication comme aide à la valorisation pour permettre d’informer sur les actions et pour les valoriser. On peut par exemple interroger les médias, construire des plaquettes, revoir les encarts dans les plaquettes déjà existantes. Il y a encore beaucoup de secteurs non couverts par la connaissance du dispositif. On veut une ambition qualitative et que le lien intergénérationnel se mette en place. On veut une lecture qui fasse réfléchir sur la vie ; on parie sur la culture littéraire comme levier essentiel ; on parie sur l’intergénérationnel.
En conclusion, il faut travailler ensemble avec efficacité et avec une mutualisation de nos pratiques en choisissant des pistes de réflexion pertinentes.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Cette journée nationale a été conclue par Marcel Fresse, administrateur de l’UNAF et président du département Éducation Formation Petite enfance. Il constate que le terme « utilité » a été beaucoup employé sans toutefois être remis en cause. Il met l’accent sur le travail important à faire concernant la question des moyens techniques et humains et des besoins d’outils d’évaluation. Il souhaiterait que la notion de reconnaissance du bénévolat fasse l’objet de la réflexion d’un groupe de travail. Il va falloir à partir d’aujourd’hui gérer l’avenir, en particulier les motivations des acteurs. Par rapport à cela, un travail d’échanges d’expériences et de solutions aux questionnements doit être engagé. Lire et faire lire tend vers une diversification des lieux ; il y a donc une réelle nécessité à bien gérer et anticiper son évolution. Marcel Fresse souhaite que tous les acteurs de Lire et faire lire continuent ensemble ce qu’ils font depuis cinq ans.
Éric Favey, secrétaire national Culture et Éducation de la Ligue de l’enseignement se sent rassuré par ce qui ressort de cette journée. Il rappelle le travail à effectuer autour de quatre ensembles de questions :
- L’organisation et les moyens : il faut continuer à revendiquer les moyens nécessaires à Lire et faire lire. En deux ou trois ans, l’éducation nationale a marqué une étape importante. Avec une opération de « débouchage d’oreilles », cela peut marcher. Il faut s’atteler à ce que les trois ministères (éducation nationale, culture et jeunesse et sports) « mettent le pied » dans le réseau de Lire et faire lire. Il faut continuer à optimiser nos performances et notre qualification pour obtenir les financements nécessaires car les moyens sont largement déconcentrés et délocalisés. À travers les contrats libres et les CEL, on doit continuer à se mobiliser et à se perfectionner pour faire face au financement existant qui est faible.
- L’innovation : il convient d’être inventif tout en conservant l’existant et en « mettant le doigt » sur ce qui fonctionne moins bien.
- Trouver une forme stable d’organisation pour le réseau est nécessaire : en terme d’organisation, on a le souci de faire en sorte que l’idée d’identité conserve sa force. Il faut donc réfléchir à la question de la labellisation : comment faire partager une règle commune par une politique de labellisation ? Il faut se fixer un objectif, une échéance rapide, pour conserver cette unité forte que possède Lire et faire lire.
- Il faut à la fois déscolariser Lire et faire lire et ne pas délier Lire et faire lire de l’école, tout en obtenant l’adhésion de la communauté enseignante. Nous ne sommes pas dans un rapport scolaire mais dans une relation d’amour avec la lecture et la littérature. Toutes les opérations marginales, les formes d’accueil périscolaires sont une manière de percer le mystère de l’école et le mystère du rapport à la littérature. Nous avons des efforts à faire pour convaincre le personnel enseignant. Nous travaillons pour la cause de l’école.
En tenant compte des propos de Marcel Fresse et de ce qui a été dit concernant les aspects qualitatifs et quantitatifs, nous sommes utiles pour les politiques d’accompagnement publiques.
Concernant la question de la littérature, de l’œuvre et du patrimoine, on agite des choses invisibles non palpables, qui sont de véritables réponses à la montée des préjugés. On a l’impression simultanément que le monde s’ouvre et que les préjugés progressent. Contre cela, il faut fabriquer des yeux et des oreilles, des sensibilités, des cœurs, des émotions, créer des mouvements intérieurs, ce qui est au cœur de tout projet éducatif. Saint-Exupéry disait cela : « L’essentiel est invisible, on ne voit qu’avec les oreilles et le cœur. »
Mise en ligne en juin 2004.
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