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Un historique de l’engagement de la DJEPVA dans la lecture depuis les années 80 |
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Un historique de l’engagement de la DJEPVA dans la lecture depuis les années 80
Dans les années 80-85, la direction de la Jeunesse met en œuvre la « Grande Aventure du livre » : durant une semaine et sur l’ensemble du territoire, des actions autour de la lecture sous toutes leurs formes sont organisées. Cette manifestation organisée durant quatre années consécutives a précédé la « Fureur de lire », la « Fête du livre », vaste opération lancée par Jack Lang, à cette époque ministre de la Culture, qui a mis un terme à notre initiative.
Dans les années 90, il y a eu l'amorce d'une organisation institutionnelle sur le livre liant le local et le national. Cette période, appelée « les années interministérielles », a vu l’éclosion de nombreuses initiatives dans le champ de la lecture, et surtout l’explosion de la lecture publique sur laquelle le ministère de la Culture avait mis l'accent et favorisé l'implantation de nombreuses bibliothèques. Cette période voyait la naissance et l’émergence de cette idée de lecture comme champ partagé où chacun trouvait sa place dans une idée de complémentarité. Durant ces années, le CRDP de Créteil a publié des textes référents sur les relations entre bibliothèques et école. La direction de la Jeunesse et des Sports avait donc bien défini son propre champ d'intervention qui n’était ni le champ de l'école, ni le champ de la lecture publique, mais celui des opérations locales et nationales qui concerne l'animation et le secteur très complexe de l'accueil des enfants dans des temps de loisirs collectifs organisés. L'importance d’inscrire la lecture et le plaisir de lire dans le temps des loisirs a été mesurée en prenant en compte et en définissant la diversité des métiers en rapport avec la lecture – instituteurs, enseignants, documentalistes, bibliothécaires – qui permettent d'offrir aux enfants l'opportunité de rencontrer les livres dans un autre contexte, au travers d'autres activités que celles développées par d'autres médiateurs et prescripteurs.
À la fin des années 90, le constat d’une tendance au repli de chaque institution sur ses propres missions centrales lisibles et visibles correspondait à une période où les politiques souhaitaient une plus forte visibilité de chacun des secteurs institutionnels. La direction de la Jeunesse et des Sports n'a pas échappé à ce phénomène et il nous a été demandé de définir strictement ce qui relevait de nos attributions. Dans ce champ partagé et complexe de la lecture réunissant autant de partenaires, il était donc temps pour nous de se replier sur un programme lancé en 1999 : le programme « Plaisir de lire et d'écrire dans les temps de loisirs », devenu plus tard « Lire en centres de vacances et de loisirs ». Avec un recentrage sur les missions qui étaient les nôtres, notre travail a conservé ses objectifs et ses axes, à savoir : « comment faire pour qu'un enfant ne vive pas une rupture, dans le domaine de la lecture, qui soit pour lui un empêcheur d'accéder à la lecture ? ». Dès 1999-2000, des programmes recentrés sur le plaisir de lire et d'écrire dans les temps de loisirs et dans les CVL ont été développés, déployant des moyens humains avec, dans chacun de nos services dès cette époque, des personnes ressources, en l'occurrence des personnels pédagogiques, appelés conseillers d'éducation populaire et de jeunesse (CEPJ), pour certains spécialisés livre et lecture. Ces ressources humaines étaient accompagnées de moyens financiers permettant de développer des pratiques autour du livre et de l'écriture dans de petites associations locales, en partenariat avec le milieu de la lecture publique et des bibliothèques, et avec l'école et les collectivités territoriales dans le cadre des CEL. Nous avons soutenu, à cette période et à l'échelon du territoire français, l'émergence de plusieurs noyaux durs de réseaux locaux (en Bretagne, dans les Pays-de-la-Loire, le Massif Central, le Nord et la Lorraine), portés par ces personnes ressources ; ce qui a permis, sur un territoire plus vaste que le département ou la région, de mettre en œuvre de façon concertée des programmes et des moyens autour du livre et de la lecture. Nous avons donné la chance à une organisation de ressources humaines qui pouvaient donner lieu à une organisation concrète des moyens mis en œuvre dans ces territoires. Ce travail en réseau avec la formation de ressources humaines permet de s’ouvrir et de mettre en dynamique tous les moyens qui peuvent concourir à dynamiser la lecture et l'écriture sur ces territoires. D'ailleurs, les bilans des programmes « Plaisir de lire et d'écrire dans les temps de loisirs » et « Lire en CVL » ont permis de constater que l'action de la direction de la Jeunesse et des Sports était beaucoup plus repérable et s'ancrait plus facilement dans des territoires ruraux que dans un contexte plus urbain où l'offre de lecture, sous forme de bibliothèques, de centres culturels et de personnes ressources déjà en place sur les territoires, est plus abondante. Du coup, les petits moyens limités que sont les nôtres ne représentent pas qualitativement une différence. Alors que dans un contexte comme la Creuse, la Lozère, le Maine-et-Loire, départements où l'identité urbaine est moins omniprésente, les moyens développés par nos services sont pertinents et font poids. Nos actions ont toujours été accompagnées par les fédérations (les Ceméa, les Francas, La Ligue de l'enseignement, les Familles rurales) qui œuvrent sur les territoires, ravies de trouver des appuis et de se coordonner avec les moyens que la direction Jeunesse et Sports peut déployer sur ces zones. Des exemples d’opérations, comme « Terres de lecteurs », sont proposés sur le site Le goût des mots.
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