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C’est difficile...


  
Témoignage de Natacha Baudard, secrétaire départementale du Secours populaire à Besançon le mercredi 6 avril 2005

Tous ces témoignages ont été recueillis dans le cadre de notre permanence d’accueil du siège départemental de la fédération du Doubs à Besançon.
Les permanences d’accueil sont des espaces de vie, des lieux d’échange.
Le mode d’organisation de l’accompagnement au sein du SPF réunit dans une relation dialectique celui qui accompagne et celui qui est accompagné, quelles que soit ses origines, sa religion, ses opinions. Le rapport qui les lie comporte une réciprocité et un système d’échanges. Il ne s’agit pas en effet de créer une relation d’assistance mais de favoriser une solidarité nouvelle.

Briser l’isolement qu’entraîne la pauvreté, leur permettre de faire face à l’urgence et de retrouver leur dignité, les accompagner dans l’accès à leurs droits et à la citoyenneté, tel est le rôle de la permanence d’accueil et de solidarité pour permettre aux personnes accueillies de retrouver ou de garder leur dignité.

Couple, six enfants
« Il apprend mieux que ses autres frères et sœurs car il va doucement, il a le temps d’apprendre. Il n’a pas l’habitude d’être avec du monde, il lui faut un petit collège.
Je ne peux les aider car, mon mari et moi, on a un niveau cm1, cm2.
C’est mieux d’avoir des discussions avec des copains et des copines que toujours avec les parents.
Elle ne veut plus aller à l’école car on lui a dit que si elle ne comprend pas, c’est qu’elle le fait exprès. »

Famille monoparentale
« J’ai tellement pas d’argent que mon gamin, il va à l’école avec un morceau de sucre pour le goûter, ses copains pourront l’aider et quand ça ira mieux, il les aidera.
Il n’a jamais mis un vêtement neuf, les autres enfants ils se moquent de lui, surtout en sport. »

Couple, trois enfants
Dont une petite fille scolarisée en primaire qui est diabétique et qui doit se rendre plusieurs fois par mois à l’hôpital. Les RDV ont souvent lieu le vendredi et le mardi, la maîtresse a demandé à la maman de la prévenir des temps d’absence
Difficulté pour la maman : pas de repères dans le temps, appelle pratiquement tous les jours l’hôpital pour se rappeler du RDV, n’a pas osé demander un planning.
Son mari et elle-même sont obligés de crier pour qu’on les écoute.

Femme seule, deux enfants
Deux enfants scolarisés dans une école primaire : tous les lundis matins, les enfants doivent raconter comment s’est passé leur week-end. Les deux enfants se sentent très mal à l’aise durant cette activité car leurs week-ends se ressemblent et ne sont pas très riches en activités donc ils n’ont pas grand chose à raconter. Ils ont peur des moqueries et n’ont pas envie d’aller à l’école le lundi matin.

Femme séparée récemment, deux enfants : un au collège, une en primaire
La maman raconte qu'elle a été convoquée au collège car son fils a jeté son livre au visage du professeur. Elle ne l’excuse pas mais explique que son fils a été confronté plusieurs fois à la violence de son père et qu’actuellement, elle est hébergée chez sa mère, qui n’arrête pas de répéter que son fils, c’est le même que son père, mais ça, « elle ne peut pas l’expliquer au collège ».
Sa fille en primaire excelle, « que des 19 ou 18 ».

Couple, deux enfants
« Nous, nous avons jamais été bons à l’école, l’école ça a toujours été très difficile alors les enfants, c’est pareil. »

Famille monoparentale, deux enfants
« Je préfère mettre mes enfants dans le privé car le collège public c’est trop grand, et puis, il y a des sections de grands et les filles, maintenant, elles s’habillent, vous voyez comment, alors avec les grands, c’est difficile, les filles. Dans le privé, c’est plus petit et c’est plus sévère. »