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Pourquoi est-elle aussi affective ? |
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Uniquement parce qu’il y a une forme initiatrice qui passe par la mère. Si l’on parle de la langue maternelle, ce n’est pas sans raison. La mère va faire passer une âme et ses sentiments, au-delà des mots qu’elle donne. Mais en allant plus loin, elle fait passer une chaîne humaine à laquelle appartient cet enfant. Il n’est pas seulement le fils de…, il est le fils de bien plus loin, issu d’une tradition. Et l’on sait bien qu’un enfant qui va faire les premiers apprentissages fondamentaux a besoin d’avoir des repères, de s’ancrer dans quelque chose. S’il est perdu entre plusieurs repères, il ne peut pas faire des apprentissages sereins. Il y a quelque chose de culturel et d’identitaire dans la parole. La maman a ce rôle fondamental d’initiatrice. L’oral n’est pas innocent. On sait bien que quand on a le pouvoir de la parole, on a un pouvoir de décision, mais aussi un pouvoir tout court. Les grands dictateurs et les extrémistes ont toujours le pouvoir de la parole, qui est une force. À l’inverse, cela veut dire qu’on est faible quand on ne l’a pas, et c’est quasiment un drame pour les enfants qui ne peuvent pas utiliser ce moyen d’expression. L’école va utiliser la parole de façon continue. Il faudrait s’interroger sur la façon dont l’oral est travaillé à l’école. Selon moi, l’oral est plus une courroie de transmission qu’un objet d’apprentissage. C’est moins vrai en maternelle, mais cela le devient de plus en plus quand on monte en classe d’âge. On ne s’occupe plus de la parole quand on est au collège, la seule chose que l’on y fait avec la parole, ce sont des exposés, ce que l’on appelle de l’oralisation, c’est-à-dire qu’on récite quelque chose, mais sans être dans une parole structurante, constructrice, qui structure la pensée. La pensée se structure en parlant. Il y a là une réelle réflexion à mener.
On a souvent pensé, puisque la parole existait avant l’école, qu’elle était innée. Dans la foulée, on enchaînait. On s’aperçoit maintenant que ce qui est inné est le besoin de communiquer parce que c’est absolument indispensable, sinon on ne se comprend pas. Mais la parole n’est absolument pas innée. C’est un acquis social, un acquis culturel, c’est donc quelque chose qui se travaille mais qui, quelquefois, n’est pas assez travaillé à l’école.
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