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L’étape logographique


  
Issus des premiers travaux sur le sujet datant du début des années 1980, ce sont des modèles largement inspirés des travaux de Piaget, avec la théorie du constructivisme : l’enfant, lors de son développement, passe par des phases successives de maturation. Ce modèle chronologique a été repris et exploré pour la lecture par un certain nombre de chercheurs. La première étape est l’étape logographique. Cela se manifeste chez le jeune enfant par ce qu’on appelle des procédures de devinement, par prise d’indices à l’extérieur ou dans le mot. Cela peut être la forme du mot qui suffit à son identification. Les jeunes enfants n’ont pas besoin de vous pour développer la logographie, ils le font très spontanément et même très tôt. Certains, dès l’âge de 3-4 ans, sont déjà dans cette démarche. Ils parviennent rapidement à reconnaître des mots, des enseignes, des affiches, des emballages (que ce soit Nike ou Mac Do). Si vous avez la mémoire du comportement de vos tout jeunes enfants, vous avez tous eu ce type d’expérience. Qu’est-ce qui se passe ? Ils ne lisent pas mais reconnaissent la forme du mot, l’image du mot, sa physionomie, son allure et peuvent effectivement dire le mot. Très rapidement, dès la petite section, ils identifient de la même manière leur prénom. J’attire votre attention sur le fait que la logographie peut faire illusion. On a l’impression qu’ils savent lire. C’est simplement parce qu’ils peuvent reconnaître globalement les mots ou l’image du mot. Les démarches logographiques peuvent s’affiner. Certains enfants vont reconnaître leur prénom sur des caractéristiques, des traits saillants. Par exemple, Laëtitia reconnaît son prénom parce qu’il y a un L majuscule à l’initiale, ou bien le Ë tréma, trait saillant distinctif des autres, suffit à l’identification de son prénom. Dans les rituels de l’école maternelle, par exemple, quand il s’agit d’aller chercher son étiquette ou de trouver le portemanteau sur lequel accrocher sa veste, ils reconnaissent leur prénom, pas du tout en le lisant mais bien en le distinguant des autres prénoms parce qu’il a telle ou telle caractéristique graphique. C’est l’image du mot qui vaut pour son identification. Pour la logographie, les enfants n’ont pas besoin d’un enseignement particulier. Sauf que peut-être, et notamment en France, on renforce et développe un peu trop cette démarche logographique, au détriment d’autres procédures.