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L’étape alphabétique |
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L’enfant va passer directement, sous l’effet de l’apprentissage, à cette étape alphabétique qui consiste à établir des correspondances entre les graphies et les phonies, à découvrir le système alphabétique de l’écriture du français. C’est une utilisation intentionnelle du code écrit, utilisation de procédures de décodage. Peu importe que vous l’appeliez décodage ou déchiffrage. C’est la découverte et la mise en œuvre du principe alphabétique. Les procédures alphabétiques sont incontournables, obligatoires. On ne peut pas apprendre à lire en français sans développer ce type de procédure. Tous les débats sur le recours ou non au décodage pour les linguistes sont de faux débats, tout simplement parce que le système d’écriture du français est un système à 85 % alphabétique. Le petit enfant ou l’adulte qui apprend à lire ne peut pas faire l’économie de la découverte et de la mise en œuvre de ce principe alphabétique, des règles de correspondance entre les graphies et les phonies, des compositions des mots en lettres et en segments de lettres, et correspondances avec les unités sonores, recomposition des mots. Bref, ce va-et-vient entre graphie et phonie est vraiment incontournable. Les débats qu’il y a pu avoir pendant des décennies sur les méthodes d’apprentissage qui privilégieraient d’autres approches ou qui relégueraient le principe alphabétique sont, pour nous linguistes, complètement obsolètes, pour ne pas dire imbéciles. Pour d’autres systèmes d’écriture qui ont des fonctionnements différents de ceux de l’écriture du français, il va falloir effectivement développer d’autres apprentissages, d’autres procédures. C’est le cas par exemple des petits enfants chinois qui ont affaire à un autre système d’écriture, comportant des idéogrammes qui fonctionnent selon une logique complètement différente du principe alphabétique. C’est le cas également des petits Japonais qui doivent apprendre, pas au début de l’apprentissage de la lecture, mais au bout de la deuxième ou troisième année de scolarité, à un rythme assez soutenu, entre 250 et 300 kanji par an, en les mémorisant visuellement et en les reproduisant graphiquement. C’est un apprentissage assez long, fastidieux, mais nécessaire puisque c’est contraint par le système d’écriture des kanji du japonais. Chaque méthode d’apprentissage est largement dépendante des langues et des systèmes d’écriture auxquels les enfants sont confrontés. Donc, le principe alphabétique est obligatoire. La médiation phonologique est obligatoire et l’on ne peut y échapper.
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