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Les difficultés spécifiques de lecture pour chaque modèle |
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Les dyslexiques les plus profonds ne peuvent pas faire les conversions graphophonologiques. Il y a des circuits neuronaux qui ne s’établissent pas de manière suffisamment rapide pour que les correspondances entre les graphies et les phonies puissent être suffisamment efficaces et permettre à l’enfant ou à l’adulte dyslexique de lire complètement. Ils restent donc généralement bloqués à ce niveau. D’autres parviennent à faire des calculs phonologiques mais partiels. Ils éprouvent des difficultés majeures à lire des mots complexes ou des mots qui ont des graphies tout à fait exceptionnelles. Par exemple, ils ne pourront pas lire « femme », ils vont lire « fème » ou « mon sieur ». Ils ne vont pas lire tous les mots irréguliers ou vont mettre un temps considérable pour les décomposer. Ils ne pourront pas faire de calculs phonologiques suffisamment efficaces et efficients pour pouvoir lire. Et d’autres, très rares, vont faire ce que l’on appelle du surcodage, c’est-à-dire qu’ils vont parvenir à tout décoder mais ne pas trouver la forme phonologique du mot à l’oral : ce sont des déchiffreurs inconditionnels. Quand on leur demande ce qu’ils ont lu, ils ne savent pas et ne sont pas capables de dire les mots qu’ils ont réussi à déchiffrer. Ils lisent le Bottin comme ils lisent un roman de Zola. Ils n’arrivent pas à avoir conscience des unités signifiantes qui sont sous les mots. Ils arrivent à déchiffrer mais n’arrivent pas à accéder à la signification des mots, ils décomposent systématiquement. On les appelle des hyperlexiques ou hyperdécodeurs : ceux-là sont peu nombreux. Les évaluations nationales nous donnent régulièrement, depuis une dizaine d’années maintenant, un taux quasiment incompressible d’enfants très mauvais lecteurs, voire non lecteurs à l’entrée en 6e. 15 % d’élèves ne parviennent pas à lire de manière suffisamment efficace et rapide un texte pour en construire le sens. Ce sont les élèves qui restent bloqués ici. Ils n’ont pas suffisamment automatisé les différentes procédures impliquées antérieurement et n’ont pas suffisamment d’expérience de lecture pour construire un lexique orthographique et sémantique efficace, qui leur permette de tout lire.
J’espère ne pas avoir été trop technique et avoir pu vous transmettre de manière synthétique et claire ce que l’on sait actuellement de la lecture et de son apprentissage.
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