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Que se passe-t-il dans la tête des apprentis lecteurs ? |
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Voici un graphique donné à la conférence de consensus du Programme incitatif de recherche en éducation et formation (PIREF) en décembre 2003 par Jean-Émile Gombert, directeur du Laboratoire de psychocognition de la faculté de Rennes et psychocognitiviste remarquable sur les questions du lire-écrire.
Il est vraiment essentiel pour comprendre devant quoi est placé un enfant lorsqu’il a un mot, une phrase ou un texte écrit à déchiffrer. Pour accéder à un comportement de lecture, l’enfant va puiser dans :
- le développement perceptif, c’est-à-dire ce qu’il voit et ce qu’il entend, d’où l’importance de l’oral ;
- le développement conceptuel (développé particulièrement par Brigitte Lancien). Quand j’ai le mot « montre » par exemple, il faut que je sache ce qu’il représente et ce qu’il y a derrière. L’éléphant de tout à l’heure était vraiment un exemple concret : un enfant qui n’est pas capable de dire ce que représente un éléphant pour lui… ! Derrière chaque mot, il y a donc des concepts ;
- le développement linguistique, dans lequel entrent les lettres, les phrases, les mots et toutes ces articulations qui doivent donner du sens, et qu’il faut apprendre, est une capacité que l’enfant possède avant l’apprentissage lui-même. L’homme est programmé pour lire et écrire mais cela doit être enseigné. La linguistique (les phonèmes, la syntaxe) est donc la part de ce qui va s’enseigner.
Qu’est-ce que le morphème ? Certains protocoles s’occupent de la morphologie des mots. La phonologie est l’unité sonore de langage. La morphologie représente les unités minimales porteuses de sens. Par exemple, dans la phrase « Yves mange vite », vous avez trois mots et trois morphèmes. En revanche, dans la phrase : « Les boxeurs souffrent », vous avez également trois mots mais sept morphèmes. Lorsque l’on entend boxe, on sait ce que ça représente, on voit très bien sur un ring deux personnes en train de se donner des coups. Le suffixe « eurs » va nous guider pour comprendre qu’il s’agit de personnes, c’est une terminaison que l’on met pour comprendre qu’il ne s’agit pas de la boxe, mais qu’il s’agit de la personne qui boxe. C’est la même chose pour « souffrent », on devine qu’il y a une question de souffrance, mais le fait de mettre « ent » va nous indiquer que cette souffrance est vécue par plusieurs personnes. Donc, le morphème est l’unité minimale porteuse de sens ; il est important de le savoir parce que des méthodes s’appliquent à faire isoler des morphèmes pour enseigner à lire et écrire aux enfants.
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