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Le programme de réussite éducative, un dispositif pour les enfants en difficulté


  
Le ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement et le ministre délégué à la Cohésion sociale et à la Parité ont mis en place le dispositif de réussite éducative en faveur des enfants et adolescents des quartiers en difficulté dans le cadre du plan de cohésion sociale, appliqué depuis la rentrée scolaire 2005.
L’objectif du dispositif est de proposer un soutien personnalisé, de la maternelle à la fin du collège, pour les jeunes de 2 à 16 ans habitant en zones urbaines sensibles (ZUS) ou scolarisés dans une zone d'éducation prioritaire (ZEP). Les villes intéressées se structurent pour mettre place ce dispositif local qui regroupe et finance les différentes initiatives en faveur des enfants scolarisés. À l'heure où l’association se soucie de développer son action dans les quartiers défavorisés, l'expérience de départements/villes pilotes inscrits dans le programme de réussite éducative et l'expérience de Lire et faire lire présent dans les ZUS et ZEP sont de première importance.
C’est une raison suffisante pour consacrer l'une des rencontres interrégionales 2006, celle de Paris, au programme de réussite éducative. Deux ateliers-formation ont été animés durant la matinée :
- « Le diagnostic préalable »
Avant de mettre en place un dispositif du programme de réussite éducative, il est nécessaire d'effectuer un diagnostic. Le diagnostic participatif, qui a pour objet de recueillir des données, est aussi une occasion de poursuivre la mobilisation des partenaires et acteurs du territoire. Michel Lejeune de la FAL. 44, chargé d'un tel diagnostic en pays nantais, a présenté cette démarche.
- « La mise en œuvre du programme de réussite éducative »
Dans le cadre d'un PRE et à la suite du diagnostic, en fonction des besoins identifiés et des actions repérées, une équipe pluridisciplinaire de soutien met en place des actions ciblées.
Véronique Le Gac, coordinatrice de PRE et Clotilde Bost, Udaf Val-de-Marne, ont rendu compte de la mise en place de l'équipe et des missions du coordinateur PRE à travers l'exemple de L'Haÿ-les-Roses (94), énumérant les actions entreprises dont Lire et faire
lire.

L'après-midi était consacré à une table ronde au cours de laquelle intervenaient Sylvie Durand-Savina (responsable du département Cohésion sociale, délégation interministérielle à la Ville), Laurent Brisset (adjoint au chef du bureau du réseau scolaire, Direction de l'enseignement scolaire, ministère de l'Éducation nationale), Pierre Coilbot, adjoint au maire de L'Haÿ-les-Roses (94) et Éric Favey (Ligue de l'enseignement, administrateur de Lire et faire lire).
Selon Pierre Coilbot, pour qu'un dispositif fonctionne, il faut que le terrain y soit favorable. Il témoignait que sa municipalité avait pu s'appuyer sur le réseau associatif.
Sylvie Durand-Savina signalait que le dispositif avait été conçu afin de concentrer les moyens sur des sites repérés et d'en faire bénéficier les enfants les plus en difficulté. Elle rappelait les incontournables du PRE : des parcours individualisés, un partenariat avec un acteur local (GIP, caisse des écoles..), une des équipes pluridisciplinaires.
Laurent Brisset précisait que son institution participait au dispositif de réussite éducative en établissant le diagnostic des besoins des élèves et favorisait l'articulation école-hors temps scolaire.
Éric Favey, tout en affirmant que nul ne pouvait être contre ce dispositif dans un objectif de renforcer la cohésion sociale, l'égalité, soulignait qu'il n'y a pas dans la réussite éducative que la réussite scolaire et qu'il fallait veiller à ne pas stigmatiser les enfants.
Dans les départements, ce n'est pas la volonté d'agir qui manque et Mme Saez-Bernard, coordinatrice du Gard, pouvait témoigner : « À Nîmes, Alès, Beaucaire, nous sommes intégrés dans les dispositifs locaux et ce sont les bénévoles qui le demandent ! »

Article paru dans Il était une fois…, n° 16, mai 2006,
revue de l’association Lire et faire lire.