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La prévention de l'illettrisme dès l'école primaire


  
Pour éviter que des jeunes dès leur sortie du système se retrouvent parmi les illettrés ou au seuil de l'illettrisme, le Ministère mobilise un ensemble de ressources et de dispositifs qui visent tous à anticiper sur les difficultés et ou à les traiter sans délai ou de manière très spécifique en fonction de leur nature qui peut être diverse.
Le dispositif spécifique de prévention au cours préparatoire s'inscrit dans un plan plus général mis en œuvre à partir de 2002. Il s'appuie sur les nouveaux programmes pour l'école primaire arrêtés le 25 janvier 2002, entrés en application progressivement et qui seront généralisés à tous les niveaux de l'école primaire à la rentrée 2004 ; ces programmes qui font de la maîtrise de la langue la première priorité, apportent des instructions précises pour organiser l'enseignement de la lecture et de l'écriture.
Ce dispositif a connu trois phases de développement. En 2002-2003, une expérimentation de la réduction d'effectifs a concerné une centaine de classes de CP, dans des écoles où se concentrent les difficultés, dans dix académies. L'évaluation, au terme de la première année, et la comparaison des progrès des élèves entre le début et la fin de l'année a fait apparaître une différence en faveur de ceux ayant fréquenté les classes à effectifs réduits. Cette différence est statistiquement significative, mais faible. L'exploitation complète des données recueillies doit permettre d'affiner la compréhension des relations entre modes de travail et résultats. En 2003-2004, on a procédé à une extension de l'application du plan et à une diversification des modalités. Plus de 4 000 classes sont concernées, réparties dans tous les départements et dans des écoles où les difficultés se concentrent: près de 500 CP à effectifs réduits, environ 1 800 CP dans lesquels intervient un maître supplémentaire à temps partiel (en moyenne, un maître pour 3 classes) et un peu plus de 2 000 CP dans lesquels intervient un assistant d'éducation. Un bilan est en cours. Une évaluation qualitative a été réalisée par l'inspection générale; une évaluation sur échantillons (100 classes de chaque catégorie et 100 classes témoins, soit 400 au total) est conduite par la direction de l'évaluation et de la prospective.
En 2004-2005, le dispositif s'ouvre sur les classes du cycle des apprentissages fondamentaux, en particulier les CE1, tout en restant centré sur celles de cours préparatoire...
Des actions qui ont d'autres finalités spécifiques concourent également à la prévention de l'illettrisme :
- l'action en faveur des enfants et adolescents primo-arrivants non francophones :
l'organisation de la scolarité de ces élèves prévoit, avec un effectif maximum de 15 élèves, des classes d'initiation (CLIN), dans l'enseignement du premier degré et des classes d'accueil (CLA) dans le second degré pour l'acquisition du français langue seconde. L'objectif est de réaliser l'insertion complète des élèves dans le cursus normal le plus rapidement possible, au bout d'un an, deux ans maximum pour les élèves arrivés en cours d'année scolaire. Un dispositif plus spécifique: les classes d'accueil pour élèves non scolarisés antérieurement (CLA-NSA) est prévu dans l'enseignement du second degré ;
- l'action en faveur des enfants et adolescents atteints de troubles du langage, troubles durables et non simples difficultés qu'il s'agit de repérer précocement mais qui exigent aussi un traitement au long cours: selon les cas, les atteintes peuvent concerner essentiellement le traitement des sons de la langue ou les aspects perceptifs de la lecture. Les actions, conduites dans le cadre du plan national lancé en 2001, visent :
. à favoriser un repérage et un dépistage précoces (bilans de langage en maternelle, bilan de santé de la sixième année) afin de venir en aide à l'enfant dès les débuts de l'apprentissage systématique et structuré pour empêcher que les difficultés ne prennent trop d'ampleur et ne retentissent sur l'ensemble des apprentissages ;
. à mettre en œuvre des démarches pédagogiques adaptées, graduées en fonction de l'intensité des troubles mais privilégiant le maintien dans une classe ordinaire, assorti d'un projet individualisé. C'est seulement dans les cas de troubles sévères qu'une orientation vers un dispositif ou un établissement spécialisé peut être envisagée.
- plus largement, l'action en faveur des enfants et adolescents handicapés qui vise, non seulement à développer le processus de scolarisation en milieu ordinaire mais aussi à concevoir des adaptations pédagogiques appropriées permettant aux élèves de développer leurs compétences et notamment d'accéder à la maîtrise de la langue orale et écrite. Les adaptations requises sont extrêmement diverses. Répondre aux besoins d'un enfant sourd, d'un enfant malvoyant, d'un enfant infirme moteur cérébral ou d'un enfant porteur d'une trisomie 21 suppose de développer - dans chaque cas - des stratégies permettant de réduire l'impact propre à l'atteinte ou à la déficience, mais selon des modalités très différentes, pouvant impliquer une adaptation des objectifs eux-mêmes. Les réponses personnalisées sont formalisées dans le projet individualisé de l'élève.
Les zones d'éducation prioritaire (ZEP), qui contribuent aussi à cette entreprise, procèdent d'une autre approche, territorialisée, fondée sur des critères sociaux essentiellement (zones où se concentrent des familles dont les caractéristiques socio-démographiques et culturelles sont corrélées avec des « facteurs de risque » en matière de scolarité). Les ZEP bénéficient de moyens supplémentaires (taux d'encadrement plus favorables, crédits améliorés) qui leur permettent de répondre plus aisément aux besoins des élèves, c'est-à-dire de mettre plus facilement en place les solutions évoquées ci-dessus ; les moyens d'action sont aménagés mais les objectifs restent ceux que l'on vise pour tous les élèves dans une perspective d'égalité républicaine.