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Niveau génétique


  
La génétique de la dyslexie
Pourquoi soupçonne-t-on une origine génétique à la dyslexie ?
Parmi tout un faisceau d'évidences, la première connue depuis un siècle est l'agrégation familiale des cas de dyslexie. Les familles de dyslexiques sont des cas très fréquents qui partagent non seulement une partie de leurs génomes mais aussi un certain environnement défavorable à l'apprentissage de la lecture. Mais agrégation familiale ne dit pas nécessairement origine génétique.
Une étude de jumeaux monozygotes (ayant en commun 100 % de leurs gènes) et dizygotes (ayant en commun 50 % des gênes) permet de démontrer l'influence génétique. On mesure la concordance de telle ou telle pathologie chez les jumeaux monozygotes et dizygotes :
- chez les jumeaux monozygotes, la probabilité pour que le 2e jumeau soit également dyslexique est de 70 %,
- chez les jumeaux dizygotes, la probabilité est de 45 %.
Évidemment, les jumeaux partagent non seulement un certain nombre de gênes mais aussi un environnement. Ce sont les 50 % de gênes en plus que les monozygotes ont en commun qui produisent cette différence de pourcentage entre les monozygotes et les dizygotes. Cette étude permet d'évaluer l'influence des facteurs génétiques à l'exclusion de tout autre facteur environnemental et de calculer une héritabilité de la dyslexie de l'ordre de 50 % expliquée par les facteurs génétiques. Parmi les facteurs environnementaux représentant les 50 autres %, on distingue les facteurs environnementaux partagés par les jumeaux et ceux non partagés liés au fait qu'ils ne sont pas dans la même classe.
Ces données, purement comportementales, permettent d'affirmer qu'il existe une contribution génétique au problème. La génétique moléculaire montre des résultats tout à faits intéressants et a permis d'établir une relation entre certaines variations ADN et les variations observées dans les capacités d'apprentissage de la lecture. Franck Ramus affirme que la dyslexie est une maladie génétique fortement héréditaire : six régions chromosomiques sont au moins concernées. Il précise que certaines combinaisons de variations constituent un facteur de risque pour le développement de la dyslexie. Il tient également à souligner qu'il n'existe pas de gène de la dyslexie : les variations de développement font que le cerveau sera construit de manière différente, et cela aura donc une influence sur l'apprentissage de la lecture.
Les études ont permis de mettre le doigt sur un gène qui, potentiellement, pourrait expliquer les anomalies de migrations neuronales observées dans le cerveau des sujets dyslexiques. Bien qu’elles soient préliminaires, ces explications permettent de pouvoir établir des liens entre les niveaux moléculaire et génétique et toute la chaîne causale qui aboutit à l'apprentissage de la lecture.