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Étude d'un cas de dyslexie |
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Cette étude va permettre d'observer plus concrètement les difficultés que rencontrent les enfants dyslexiques.
Martial, 9 ans, scolarisé en CE2, présente des antécédents de dyslexie familiale, un développement moteur et une acquisition du langage oral normaux. C'est à l'entrée en CP que des difficultés massives se sont manifestées. Il a redoublé le CE1. Après un examen très précis au niveau visuel, son hypermétropie a pu être corrigée. Son QI s'élève à 132, donc au-dessus de la moyenne. Par contre, son niveau de lecture est extrêmement faible : son niveau de lecture correspond à celui d’une enfant de 6 ans ½ (soit 30 mois de retard en lecture). Sur le plan du langage oral, cet enfant a un excellent niveau de vocabulaire oral et de syntaxe, de très bonnes capacités de répétition orale de pseudo-mots, de discrimination des séquences de syllabes, de mémoire à court terme verbale, de dénomination d'images, avec néanmoins une fluence verbale assez faible (prononciation de mots dans un temps donné). C'est un enfant quasiment non-lecteur puisqu'il est extrêmement déficitaire sur tous les scores de lecture (de mots réguliers, irréguliers et de pseudo-mots). Son temps de lecture est extrêmement élevé car il ne parvient pas à lire les mots, bien qu'il prenne énormément de temps pour essayer d'y parvenir. Son taux de régularisation est à 55 % (il ne parvient pas à lire les mots irréguliers comme monsieur) alors qu'à cet âge-là, la moyenne est de 86 % chez les normolecteurs. Des erreurs sont essentiellement de type visuel : au cours de la lecture de mots réguliers et irréguliers, Martial présente un déficit massif situé essentiellement au niveau visuel, il ne commet jamais d'erreurs de confusion sonore. En revanche, il a de très bonnes capacités de conversion graphèmes/phonèmes : à la lecture de graphies isolées comme ou, ain, gn, il prononce parfaitement le son (ou phonème) correspondant au graphème.
Le niveau orthographique est très déficitaire : il est incapable d'écrire, sous dictée, aucun des 30 mots (mots connus, pseudo-mots courts et longs) qu'on lui présente. Ce qui est remarquable est que la forme écrite correspond à la forme sonore du mot si on ne tient pas compte des aspects contextuels. Autrement dit, l'orthographe des mots est phonologiquement plausible.
En résumé, Martial ne rencontre pas de difficultés d'apprentissage du langage oral. En revanche, il présente un déficit massif en production écrite et en situation de lecture aussi bien au niveau des scores que des temps de lecture. La majorité de ses erreurs en lecture sont visuelles.
Épreuves métaphonologiques
Cet enfant présente-t-il un déficit phonologique associé ? Plusieurs épreuves phonologiques vont permettent d'y répondre :
- épreuve de rimes (décider si deux mots présentés oralement riment ou non),
- épreuve d'omission de syllabes (prononcer un mot en omettant une syllabe),
- épreuve d'omission phonémique (omettre le 1e phonème d'un mot et donner le reste),
- épreuve d'aponyme (à partir de deux mots successifs, récupérer le 1e son de chaque mot et les fusionner pour produire la syllabe correspondante. Par exemple, photo et artistique donne pha),
- épreuve de décomposition (énoncer l'ensemble des phonèmes correspondant à un mot donné).
On constate que Martial n'est déficitaire sur aucune des épreuves proposées.
Épreuves de report global et de report partiel
- Par rapport aux normolecteurs de même âge réel, Martial présente un profil très particulier et atypique avec un avantage pour identifier la lettre en position 3 qui correspond au point de fixation et la lettre en position 4 immédiatement à droite de ce point de fixation alors que les lettres initiales sont très difficilement identifiées. On constate donc une performance suggérant une attention particulière pour les lettres situées sur ce point de fixation.
- Concernant ses performances en report partiel (ne donner que la lettre indiquée d'une barre verticale), le profil est similaire : ses performances sont toujours excellentes en positions 3 et 4 et tout à fait déficitaire en position 1. Cela témoigne d'une difficulté à répartir son attention de façon homogène sur l'ensemble des lettres d'une séquence.
Pour conclure, Martial est un sujet dyslexique qui ne présente pas de déficit phonologique puisqu'il a un bon niveau de langage oral, de mémoire verbale à court terme et de conscience phonémique. En revanche, il a des troubles visuo-attentionnels massifs suggérant des difficultés à distribuer son attention de façon équi-répartie sur la séquence de lettres. Le cas de Martial est exceptionnel car son niveau intellectuel est extrêmement élevé, il présente une dissociation très nette entre son niveau intellectuel et ses capacités de lecture et d'orthographe.
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