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Interview
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Des enfants de plus en plus jeunes se trouvent en situation d’échec scolaire. Pour Marianne Hardy (chercheuse au Centre de recherche sur l'éducation spécialisée et l'adaptation scolaire), le jeu et le travail en groupe font partie des remèdes.
Sous quelle forme se matérialise l’échec scolaire ? L’illettrisme en est-il une conséquence ?
Il existe deux manières d’appréhender le phénomène de l’échec scolaire.
La première se base sur les statistiques et comptabilise le nombre d’enfants qui redoublent, ceux qui sont en retard dans leur scolarité, etc.
La seconde façon s’attache à détecter chez les enfants une perte de confiance en leurs capacités. Ils perdent en particulier leur dynamisme et leur goût d’apprendre. On trouve des enfants avec de tels comportements dès la maternelle. Ce n’est pas la peine d’attendre qu’ils aient 5 ou 6 ans. L’illettrisme qui frappe plus tard les adultes est aussi une conséquence grave de l’échec scolaire. C’est l’école qui a échoué dans sa tâche d’apprendre à lire et à écrire à l’enfant.
Quel est l’âge idéal pour détecter une éventuelle situation d’échec ?
Habituellement, c’est en classe de CP que l’on commence à détecter l’échec scolaire. Mais on s’inquiète de plus en plus tôt du niveau des élèves.
L’angoisse du résultat se matérialise beaucoup trop tôt dans la vie de l’enfant. On les évalue et on les juge alors qu’ils sont encore trop jeunes. Il faut une évaluation par rapport aux progrès de l’enfant et non en fonction de normes arbitraires. Les enfants doivent être soutenus et non jugés.
Concrètement, quelles sont les méthodes pour remédier à l’échec scolaire ?
Il est important que les enseignants travaillent ensemble afin de mettre en place des orientations à long terme. Car il arrive que les règles en vigueur dans une classe changent l’année d’après, ce qui déstabilise l’enfant.
Un exemple simple est la possibilité ou non d’avoir des cahiers de brouillon. Il faut des décisions qui soient valables du CP au CM2 inclus. Concernant les enfants, il est souhaitable qu’ils travaillent en petits groupes et qu’ils soient confrontés à des situations d’exploration. Cela passe en particulier par le jeu. Mélanger les âges stimule aussi les enfants. Le but est qu’ils finissent par acquérir une manière personnelle de réfléchir.
Novembre 2002
Propos recueillis par Matthieu Riberry, étudiant à l'Institut pratique de journalisme (IPJ)
lors du Salon de l'éducation
Mise en ligne en septembre 2003.
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