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Mon enfant est dyslexique


  
Bonjour,
Je viens de lire votre article sur les enfants dyslexiques (Que peut faire un enseignant avec un enfant dyslexique au cycle 3 ?), il représente bien la dyslexie. J'ai moi-même un enfant dyslexique qui se trouve en CM2, il travaille avec une orthophoniste une fois par semaine en dehors de l'école. J'ai mis l’instituteur de Killian au courant de sa dyslexie, mais je ne sais pas bien s'il a bien les moyens de prendre en compte tous les conseils que vous donnez. Son papa et moi passons beaucoup de temps le soir au niveau des devoirs pour qu'il puisse suivre sa scolarité sans se décourager. Mais il serait bon que les instituteurs soient formés quant aux difficultés des enfants dyslexiques qui ne sont pas paresseux car ils font beaucoup pour pouvoir y arriver. J’espère que vous prendrez un peu de temps pour me lire.
Sylvie Guillerme Aubert
8 octobre 2003

Réponse de l’auteur de l’article cité :

Madame,
La question que vous soulevez quant à la formation des enseignants sur la dyslexie est un vaste problème. Actuellement, les choses avancent dans ce domaine. Cependant, il faut bien avouer que tant au niveau de la formation initiale dans les IUFM que de la formation continue des enseignants déjà en poste, les propositions de formation sont très inégales selon les régions. A cela viennent s'ajouter les problèmes de budget de l'éducation nationale... Dans les écoles et les collèges, on trouve donc actuellement aussi bien des enseignants ignorant tout ou presque de la dyslexie que d'autres très solidement formés.
Mes conseils :
- si ce n'est déjà fait, établissez le contact entre l'enseignant et l'orthophoniste ; les échanges entre eux ne peuvent qu'aider ;
- vous pouvez aussi contacter le médecin scolaire et les membres du RASED dont dépend l’école de votre enfant qui pourront vous aider, discuter avec l'enseignant, proposer éventuellement un PEI (projet éducatif individualisé) ;
- établissez une relation de confiance avec l'enseignant, afin de pouvoir éventuellement lui transmettre directement des informations, s'il n'en a pas déjà connaissance, sans que cela paraisse déplacé ; pour cela, rencontrez-le pour lui raconter par exemple comment se passent le travail à la maison ; n'hésitez pas à lui faire part des difficultés particulières rencontrées par votre enfant ;
- discutez d'abord avec lui d'une possibilité d'aménagement particulièrement utile pour votre fils et facile à mettre en place pour l'enseignant ; les conseils que je donne sont nombreux, il ne faut pas espérer les voir tous appliqués du jour au lendemain ;
- impliquez votre fils dans cette démarche, faites-le participer, dire ce qui est le plus difficile pour lui ; ce sera peut-être laborieux au départ, mais très utile par la suite ; au collège, il faudra sans doute avoir la même démarche et le dyslexique qui connaît son problème et peut en parler est alors capable de demander lui-même aux professeurs certains aménagements simples ;
- enfin, ne désespérez jamais ; continuez à motiver votre fils, à lui permettre de développer les activités qu'il préfère pour maintenir son envie d'apprendre.
Bon courage.
Marie-Line Bosse
14 novembre 2003

Bonsoir,
Je suis moi-même enseignant en CM2 et j'ai effectivement commencé à élaborer un PEI (projet éducatif individualisé) pour une élève de ma classe qui est en peine.
J'ai réuni la maîtresse E du RASED, l'orthophoniste et la maman pour discuter ensemble de la conduite que je dois tenir en classe par rapport aux difficultés de leur fille.
Je vous avoue que j'ai eu une révélation encore une fois lors de cette réunion car je n'imaginais pas à quel point un enfant pouvait souffrir d'une telle situation. Je pense qu'il est effectivement temps de prévoir dans la formation initiale des enseignants un moment privilégié d'information sur les troubles de l'apprentissage, et surtout d'apporter des éléments concrets d'action pour aider ces élèves.
Je dois monter également en parallèle un dossier avec le médecin scolaire pour que l'enfant puisse être équipé en matériel informatique, afin qu'elle accède enfin à la connaissance dont elle a tant envie et besoin.
Medhi Boukarabila
15 octobre 2004

Je ne peux qu'abonder dans le constat d'une formation insuffisante pour ne pas dire inexistante des maîtres. Mon fils présente des troubles semblant indiquer une dyslexie (il n'a que six ans et le diagnostic ne peut pas encore être établi) et semble par ailleurs doué d'une grande intelligence. En somme, dyslexie + enfant précoce = ascolarité.
J'en viens à envisager, en liaison avec l'orthophoniste, une scolarité à la maison, les échecs de mon fils face à la lecture selon une méthode particulièrement inadaptée (Gafi) le plongeant dans un état dépressif. L'institutrice dit ne pas savoir quoi faire. L'évaluation établie l'an dernier par le psychologue scolaire n'a donné lieu à aucune adaptation de sa méthode (il s'agit d'une classe unique donc l'institutrice est la même depuis deux ans). Malgré moult tentatives de discussion, je ne peux que déplorer une absence de curiosité – un manque de formation initiale et continue – et un manque de désir d'adapter au mieux l'enseignement à ces enfants dits particuliers qu'on me somme de faire voir à un pédopsychiatre. La réponse n'est sûrement pas dans la psychiatrie. C'est navrant.
Agathe Bank
5 novembre 2004

Maître-formateur, j'ai une fille dyslexique et plus exactement dysphasique.
Je certifie notre manque de formation actuel et admet qu'il faut se former seul(e) mais cela change avec les nouveaux enseignants.
Ma fille est au collège après un parcours laborieux et une recherche épuisante pour découvrir le « vrai problème ». Elle a une volonté surprenante mais finit par se fatiguer et moi aussi...
Écoutez : 2 journées complètes pour réviser un contrôle de français (des leçons déjà vues...) avec un résultat final de 8/20... Découragement de la fille en larmes et de la mère... Pourtant, elle obtient 105 au test de QI d'intelligence pure, ce qui est plus qu'honorable d'après son âge et même presque au dessus de la norme...
Alors que faire ? J'avoue qu’elle et moi fatiguons, malgré un tiers temps dont elle bénéficie, mais les devoirs sont très longs et tuent la vie familiale.
Annick Baré,
maman de Aude et enseignante (43)
5 janvier 2005

Est-ce que quelqu'un sait s'il existe des écoles spécialisées pour nos enfants dyslexiques ?!!!!
Stéphane Roy
26 janvier 2005

Nous vous conseillons de prendre contact avec l'association Coridys http://www.coridys.asso.fr/ ou bien encore l'association Apedys la plus proche de chez vous : http://www.apedys.com/portail.htm.
Michel Peltier, site BienLire
2 février 2005

Je viens de lire votre page qui me renvoie très loin en arrière, plus de quarante ans... J'ai trois enfants. L'aîné a montré des signes qui permettaient d'envisager un risque de dyslexie, il avait 4 ans. L'amie orthophoniste qui avait décelé le problème m'a conseillée de prendre des dispositions pour qu'il puisse apprendre à lire avec la méthode de Madame Borel-Maisonny. Ce que nous avons fait, en accord avec son institutrice. Il est resté dans sa classe, il a su lire en même temps que les autres et malgré quelques difficultés - qui ont disparu peu à peu - il a fait une excellente scolarité, tout à fait normale.
À la suite de quoi j'ai fait des études d'orthophonie, travaillé dans un dispensaire d'hygiène mentale et me suis battue avec mes camarades orthophonistes pour qu'on envisage un dépistage précoce, en fin de grande section de maternelle, des divers petits ou plus grands dysfonctionnements qui peuvent être traités. Nous étions persuadées - je le suis toujours - qu'il vaut mieux prévenir que guérir, les coûts psychologiques et financiers seraient considérablement réduits.
Élisabeth Auclaire (Paris 5e)
11 avril 2005

Dépistage précoce de la dyslexie, donc de troubles de l'apprentissage du langage écrit, et ceci dès 4 ans. On peut commencer à 2 ans aussi. Pourquoi pas ?
Leroy Olivier, Rouen
12 septembre 2005

Pourquoi pas ?
Avec une chaîne simple et répétitive et puis inversée en miroir ou plus simplement.
Il faut sûrement travailler l'énoncé de l'exercice.
Une boucle dans un sens et une boucle dans l'autre, on compte les boucles réussies et le tour est joué. Enfin peut-être ?
Bruno Champigny
30 septembre 2005

Bonsoir,
Mon fils est dyslexique. Ceci a été détecté seulement en fin de CE2 après beaucoup d'insistance de ma part. Les différentes rencontres avec les enseignants ont souvent été déprimantes : l'enfant dyslexique étant reçu comme un enfant paresseux, travaillant d'une façon irrégulière.
Les périodes d'orientation ont été délicates, car mon fils n'a pas un profil très net : il aime l'histoire, est passionné par les sciences, est en grandes difficultés dans l'apprentissage des langues, réussit brillamment en grec et en arts plastiques et a des capacités musicales. Bien sûr, en français, il est moyen. Que faire à la fin de la seconde ? Il n'avait aucun goût pour les enseignements technologiques ; une orientation en L semblait impossible en raison des difficultés en langues, notamment et plus particulièrement à l'écrit. Il est donc actuellement en 1ère S où il a évidemment des problèmes de repérage dans l'espace, des difficultés au niveau des conversions et surtout une difficulté pour appliquer les connaissances ne sachant pas lesquelles mobiliser.
Depuis le début, mon fils rencontre de grandes difficultés pour la compréhension des consignes puisqu'il lui faut tout lire à voix haute pour comprendre, le travail est considérable, la charge importante et le découragement souvent présent. Où est l'aide attendue ? Le traitement différencié permettant de ne pas se sentir exclu. Que peut-on faire, nous parents, pour l'aider ? J'ajoute qu'il est toujours suivi par un orthophoniste une fois par semaine et lui seul lui redonne confiance dans les moments de grand découragement... Merci de votre réponse, bien sincèrement. Depuis quelques jours certains de ses professeurs semblent avoir saisi les raisons de ses problèmes…
Mireille Pierret
21 novembre 2005

Bonjour,
Ma fille est dyslexique. Elle est suivie depuis l'âge de 3 ans par une orthophoniste. Actuellement, elle est en 6e, elle se trouve en échec scolaire. L'assistante d'orientation va lui faire passer un test de QI car elle souhaite que ma fille aille en SEGPA l'année prochaine. Ma fille refuse d'y rentrer car il y a beaucoup de cas sociaux et a peur de se faire entraîner. J'aimerais savoir s’il existe une école que pour les dyslexiques à Strasbourg. Si oui pourriez-vous me faire part de leur adresse ? Merci d'avance.
Une maman très inquiète.
5 janvier 2006

Bonjour,
Je découvre votre site et je souhaiterais réagir face à une maman qui se demande si l'aide psychologique est la solution... Je suis moi-même maman d'un enfant dyslexique en échec scolaire. Il est en CE1, classe qu'il redouble parce qu'il n'avait pas acquis la lecture... Comme ses frères et sœurs sont détectés précoces, nous nous sommes logiquement posés la question : nous avons donc fait les tests avec peu de conviction car il se trouvait nul et faisait tout pour le montrer. Effectivement, la psy a conclu qu'il fallait mettre en route un suivi psychologique pour qu'il reprenne confiance en lui ! (Il a obtenu le meilleur résultat en lecture !!!!) Nous nous sommes donc résignés à débuter une thérapie et nous voyons depuis notre petit bonhomme prendre confiance en lui. Aujourd'hui, il sait lire mais bute encore sur les sons complexes et commence à acquérir un peu d'orthographe. Il ose nous parler de ses difficultés qu'il identifie mieux et il est donc plus facile pour nous de l'aider. Nous avons découvert toutes les stratégies qu'il avait mises en place pour éviter sa dyslexie (apprentissage de tous les textes par cœur, évitement de l'écriture...) et il essaie maintenant de faire face à sa difficulté même si cela lui demande de l'énergie et des efforts et quelques pleurs comme tous les autres !!!
Sans faire l'apologie de la psychothérapie, l'enfant dyslexique est angoissé par sa différence, par sa non-performance...
Comment puis-je affirmer cela me diront certains ??? Parce ce que je suis moi-même dyslexique !!!
Véronique Tranié, maman de Samuel
19 janvier 2006

Vos témoignages sont très intéressants. Mon fils Alexandre est depuis trois ans en CLIS 4. Il est suivi deux fois par semaine par un orthophoniste et une fois par semaine par un psychomotricien. J’ai vu récemment un neurologue pour poser le diagnostic qui ne correspond pas à ces problèmes. Actuellement, je n’ai aucun diagnostic fiable, seulement un retard dans les apprentissages fondamentaux. Il termine le programme de CP en mathématiques et est en français niveau CE1. Je travaille avec deux enseignantes spécialisées ce qui n’est pas toujours facile car chaque individu est différent et il faut essayer de travailler avec intelligence pour le bien de l’enfant. De toutes les façons, Alexandre est dyscalculique (peut-être dyslexique, dysorthographique, toute la famille des dys-).
Pour l’année prochaine, j’ai contacté une autre orthophoniste car le service de soins qui le suit actuellement ne pourra pas poursuivre l’année prochaine étant donné que le diagnostic dysphasique n’est pas confirmé.
Ce service de soins, le SEFIISS (Centre Charlotte Blouin à Angers – Maine-et-Loire), va faire le relais de tout le dossier de notre fils pour que le changement se fasse entre spécialistes et qu’Alexandre soit préparé à ce changement. Normalement l’ADASS et l’AIS doivent mettre en place un SESSAD pour les troubles d’apprentissages mais à ce jour cela n’avance pas. C’est pourquoi j’ai pris mes dispositions dès ce jour en contactant un orthophoniste libéral. Le vrai parcours du combattant.
J’attends la prochaine équipe éducative ; la dernière a été plus que difficile : les enseignants ne savaient plus quoi faire pour aider mon fils ce qui est à peine croyable, ils ont réussi à me faire craquer devant mon fils, les seuls personnes positives étaient l’orthophoniste et le psychomotricien.
La prochaine j’y vais avec un représentant des élèves, et si cela se passe mal, ils ont intérêt à faire attention. Ma patience a des limites. Ce n’est tout de même pas de notre faute si nos enfants sont différents.
Je vais sûrement prendre contact avec l’APEDYS pour me faire aider concernant le devenir de mon enfant, j’ai déjà quelques pistes. Mais chaque chose en son temps.
En attendant je vous dis bon courage à tous, ne baissez surtout pas les bras, nous ne sommes pas là pour leur rendre service, nous nous battons chaque jour pour les enfants. Cordialement.
Mme Allard
26 janvier 2006

Bonjour,
Si mon témoignage peut réconforter quelques parents... Je suis maman d'un enfant dyslexique et voici notre petit parcours de vie :
- Avant de rentrer en maternelle, notre petit garçon Kevin ne présageait aucun signe : langage parlé vers 15 mois sans aucun souci, enfant propre rapidement, très sage, aucun hic. Et pourtant, je n'ai pas compris, ni réagi quand il ne jouait pas avec les Legos : monter quelque chose ne l'intéressait pas. Son petit frère est arrivé et Kevin est entré à l’école maternelle.
- Et là, tout a commencé. Quinze jours d'école, Kevin n'a pas encore ses 3 ans : convocation de la maîtresse. Votre enfant a un gros souci : il ne veut pas tenir le stylo, refuse de participer, ne veut pas travailler pour construire quelque chose avec ses doigts. On se fait presque « engueuler » par la maîtresse. De surcroît, Kevin recommence à faire pipi, fait des siestes interminables l'après midi à la maison où il ne semble jamais se réveiller. Cette année-là, on y va doucement sans vraiment faire de pronostics. Avec mon époux, on met cela sur le fait que je ne travaille pas, que je garde son petit frère à la maison... L'année passe…
- Deuxième année de maternelle : Kevin ne reconnaît pas son prénom, ne tient pas le coup lorsque la sieste est supprimée de manière obligatoire (« pas de dérogation ! », me dit la directrice). Il m'arrivait donc de ne pas le mettre l'après-midi à l'école pour qu'il puisse se reposer. À l'école, il ne fait aucun graphisme, ne veut plus peindre et finit par dessiner à la maîtresse un bonhomme vert en disant que c'est un martien qui attend que son papa vienne le chercher.
Là mon mari et moi pataugeons un peu. L'école nous dit : « on connaît une orthophoniste, allez la voir ». Ce qu'on fait aussitôt. Diagnostic de l'orthophoniste : on veut trop conditionner les enfants dans le système scolaire. Kevin manque de maniabilité au niveau de la coordination de ses mains.
Il commence donc les séances : il est en deuxième année d’école maternelle. À la fin de l'année, aucun progrès n’est constaté et on me dit qu’il doit y avoir un autre problème. Merci, mais lequel ?
J'apprends par mes recherches personnelles – parce qu’il ne faut pas compter sur l'aide de l'école – qu'il existe un CMP (centre médico-pédagogique) avec une équipe de thérapeutes. Nous y allons avec Kevin. Bilan : « comment voulez vous que votre enfant apprenne à percevoir les choses puisqu'il n'est pas prêt ? » Oui, ils n'ont pas tort, mais on fait quoi alors ? À ce stade, mon mari et moi sommes un peu perdus parce que personne ne nous a vraiment appris ce qu'est la dyslexie. Début des explications, bien sommaires pour des parents mais bon… : il confond les lettres, voit différemment. Kevin commence sa rééducation en CMP malgré le désaccord total de sa directrice d'école qui m'interdit de le sortir l'après-midi pour la rééducation. Je passe outre l'interdiction.
- Il entre en troisième année d’école maternelle. La maîtresse me dit de ne pas se décourager. Et puis quelques progrès... À la maison, je commence mon étude là-dessus et essaie au mieux d'aider Kevin dans son apprentissage : cahier, fiche de graphisme – il ne sait toujours pas faire des lettres bâtons – sous forme de jeux, de dessin. J'essaie de faire ma soupe pour le faire progresser en naviguant un peu à l'aveugle.
On arrive à commencer à voir des tracés qui semblent dire quelque chose. Mais là, Kevin est fatigué, me jette la trousse par la fenêtre...
« Madame, me dit-on, vous ferriez mieux d'aller vous balader et dépenser votre carte bleue. Laissez-le tranquille, vous n'arriverez à rien. » Merci du conseil de la part de l'orthophoniste.
Deuxième orthophoniste. Quinze jours. « Moi je suis au top. Je vais débloquer votre fils. Trois semaines plus tard. « Je n'y arrive pas, votre fils ne comprend rien. » C'est super, je ne vous dit pas les larmes que j'ai versées. Et mon fils qui me voyait stressée, que je bousculais à travailler. Et arrivés à l'école, les petits copains me disaient des choses sur Kevin ainsi que les mères... au secours.
Cahin-caha, il continue la rééducation. Fin du cycle de maternelle, on me demande de le faire redoubler, ce à quoi je m’oppose : il passe au CP.
- Alors le CP : quelle histoire ! La méthode globale, aucun apprentissage de lettres attachées... Et comme Kevin ne réalise pas le travail en temps demandé, la maîtresse le fait asseoir dans le coin du stade lors des temps de sport et l'oblige à essayer d'écrire pendant une heure (je ne l'ai su que des années plus tard lorsque mon fils à exprimer ses souffrances).
Année de CP : crises, rééducation d'orthophonie. Conclusion : aucun progrès, Kevin est mal dans sa peau et c’est le stress complet pour moi.
Redoublement : on recommence le CP. Diagnostic de la maîtresse : « votre fils ne s'intéresse à rien ». (Merci c'est gentil). La lecture nulle. Et j'essaie encore et encore. Des séances avec une nouvelle orthophoniste (parce que la deuxième avait craqué).
- Kevin passe en CE1, la maîtresse est plus âgée, plus patiente, elle prend son temps. Il semble se décontracter et faire de légers, je dis bien de légers, progrès.
De son côté, mon second fils tout petit, percevant tout cela, commence à stresser dès qu'il ne sait pas faire quelque chose.
La maîtresse de Kevin me confie qu'étant dans une école privée, le programme est plus soutenu et difficile ; peut être que dans le public... Je ne fais pas de comparaison privé/public : il y a des sympas et des bornées dans les deux camps.
Coté orthophonie, beaucoup de jeux, peu de graphisme, pas de lecture (?).
C'est le moment de faire un break et de ne plus focaliser sur notre fils aîné. Changement de situation : mon époux et moi décidons de faire construire une maison à la campagne et de donner une petite sœur à nos deux garçons. On a pleins de choses en tête : terrain, maçon, peinture et bébé. On pense un peu à autre chose.
- C'est le début du CE2 pour Kevin : nouvelle vie, nouvelle école, nouveaux copains. Il fait sa rentrée. Je ne dis rien et ne cherche même pas une nouvelle orthophoniste. On en a tous marre. Au bout de quinze jours, je suis convoquée par la maîtresse. Et là évidemment, je fais le point avec elle sur le parcours scolaire de Kevin en l’avertissant que je ne suis pas prête pour lui faire faire de l'orthophonie pour rien. « Madame, me dit-elle, ne vous inquiétez pas. Nous sommes là pour vous aider, pour aider Kevin. Je ne sais pas exactement quelles sont les consignes scolaires au sujet de la dyslexie mais on va essayer. » Elle contacte l'institutrice du RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) et fait le point. Je crois que je suis sur une autre planète, je rêve. Elle me propose une orthophoniste qu'elle connaît bien. De plus, l'institutrice du RASED prendra Kevin deux fois par semaine sur le temps scolaire pour le faire travailler seul et de manière plus détendue.
La pauvre orthophoniste, le jour où l’on s’est contacté : d'entrée, je lui dis qui si c'est pour le mettre en séance, ce n'est pas uniquement pour faire gonfler le trou de la sécu. Je la remercie de nous avoir quand même reçu.
À l'école, Kevin se sent bien, se fait de bons copains, accepte l'institutrice du RASED et l'orthophoniste. Tout roule tout doucement. En même temps, nous avons obtenu un rendez-vous avec le docteur H. du service neurologique et pédiatrique du professeur M. de l’hôpital de La Timone. On nous parle également de l'école des Lavandes. Le docteur H. fait des tests et nous dit qu'il ne voit pas l'utilité pour l'instant. Bon. Lorsque nous étions sur Marseille, à deux pas de La Timone (on habitait à quelques rues), ni notre médecin de famille, ni les orthophonistes nous avaient parlé de ce service. Il a fallu que l'on parte à la campagne pour le découvrir : je rêve !
En tout cas, grâce à toute l'équipe, on commence à comprendre d'où vient la dyslexie, comment raisonne un dyslexique, quelles sont sa perception et sa fatigue.
L'année passe. Kevin fait quelques progrès. Il est bien entouré au niveau scolaire, rééducation et famille. Et moi, je fais trois fois par semaine la navette pour l'accompagner à sa rééducation.
- Début de CM1 : l'horreur. Il a un instituteur hyper classique, hyper sérieux, hyper compétent, vraiment très efficace pour des enfants sans difficulté, mais hyper borné. « Madame, dit-il, votre enfant est sous-doué, attardé et mérite d'aller en CLIS (classe d’intégration scolaire). » Merci Monsieur le professeur. J'ai craqué et me suis rebellée. Il refuse de me laisser sortir Kevin pendant le temps scolaire, fait des remarques désobligeantes à mon fils (feuilles déchirées, cahiers jetés en l'air…).
Heureusement, j'ai le soutien de l'institutrice du RASED, du directeur et de l'orthophoniste. On convoque le médecin scolaire qui connaît bien la dyslexie et nous soutient lui aussi. Le directeur accepte de monter un PAI (plan aptitude individuel) pour Kevin et essaie d'informer pas à pas l'instituteur et de lui faire comprendre la situation…
- Kevin entre en CM2 : la maîtresse est vraiment ouverte, compétente et elle en veut. Elle aide Kevin au maximum, essaie de le valoriser à l'oral et surtout ne le dénigre pas.
On reprend rendez-vous à La Timone pour faire un bilan plus complet. Notre orthophoniste connaît le réseau de La Timone et toute son équipe. Kevin est testé dans tous les sens. La dyslexie est sévère, sa motricité mauvaise mais au moins on sait ce qu’il en est. On sait aussi que ces enfants, et c’est le cas de Kevin, font des progrès à leur rythme certes, mais font des progrès.
- On pense déjà à la 6e. Que faire ? La Timone nous parle d'un institut : Les Airelles. Kevin pourrait y aller. C'est à 200 km, il ne rentrerait que tous les quinze jours... On en parle en famille avec Kevin, avec son frère... C'est dur d’envisager cet éloignement mais pourquoi pas.
Kevin a décidé qu’il partirait pour la 6e. Si c'est lui qui décide, nous n'avons plus qu'à nous incliner mon mari et moi ; petit à petit nous nous faisons à l'idée. L'équipe de La Timone, l'institutrice et l'orthophoniste nous disent que c'est bien pour lui. Mon fils est d'accord pour partir.
La Timone nous demande quand même de rencontrer la psychologue. Et là bang : notre fils s'effondre lors de l'entretien et dit que s'il veut partir c'est pour faire plaisir à tout le monde, que sa vie est peut être là-bas mais que pour lui cela va être un déchirement. Elle nous déconseille franchement son départ. Personne ne comprend, moi la première. L'équipe de la Timone se range à son avis.
Je ne sais plus à ce moment-là, je suis perdue : mon fils voulait partir, on me dit que l'institut est bien, tout le monde me le conseille contrairement à cette psychologue. Bon, je crois que là c'est moi qui ait besoin d'un psychologue.
L'institutrice du RASED, l'instituteur de CM2, l'orthophoniste, l'équipe de La Timone et le médecin scolaire organisent une réunion avec le futur collège de Kevin pour la rentrée. La directrice est informée de la dyslexie de Kevin et prend connaissance des bilans des thérapeutes.
L'été passe. C'est la rentrée scolaire de la 6e (pour des raisons de familles, qui n'ont rien à voir avec notre histoire ici, je n'ai pas le temps et le souci de me focaliser sur cette rentrée). Je crois que c'est la première fois de sa vie scolaire que je ne stresse pas. Kevin gère son entrain tout seul. Je le laisse s'organiser avec son emploi du temps, ses professeurs... C'est avec surprise que je constate que Kevin est bien dans sa peau et ne semble pas être plus désorienté qu’un autre élève de 6e.
Je m'arrange quand même pour rencontrer la direction, le médecin scolaire, le professeur principal et surtout l'ensemble des professeurs. Je n'en reviens pas : certaines années, il a fallu que je me batte avec une personne et là j'en ai neuf autour de moi qui m'écoutent attentivement, qui s'interrogent sur le cas de Kevin, pour savoir comment le faire travailler, comment le noter, qui s'informent sur l'association CORYDIS. Et tout cela pour son bien être. Actuellement, nous sommes au milieu du deuxième trimestre, les professeurs ont toujours été présents, n'ont jamais découragé Kevin, lui donnent les cours photocopiés (car il n’est toujours pas capable de recopier la leçon du tableau ou de la prendre sous forme de note). Il est plus noté à l'oral. Deux professeurs ont même organisé des cours de rattrapage pendant les temps de cantine. Enfin et surtout, il est valorisé lorsqu'il le mérite, progresse un petit peu tous les jours. Cela lui demande de gros efforts de concentration et de travail, parfois pour un mauvais résultat certes, mais les professeurs l'encouragent à continuer dans ses efforts. L'orthophoniste – la même depuis notre arrivée dans le village – le voit trois fois par semaine, est toujours présente en cas de doute et d'angoisse.
Et nous les parents dans tout cela ? Du stade de l'incompréhension, en passant par la révolte, la colère, les doutes et les angoisses, nous avons atteint la sérénité, la patience, parfois le doute mais toujours l'espoir dans un seul but : le bonheur de notre fils et son bien-être. S’il a une mauvaise note malgré de longues heures de révisions, ce n'est pas grave, l'essentiel est qu'il ait travaillé. Un soir, s’il est fatigué, s’il n'y arrive plus, ne se concentre plus, ce n'est pas grave. Comme dit la chanson « cela ira mieux demain ! ». Et le lendemain, on reprend espoir. L'année prochaine, la 5e ? On verra. Inutile de s'angoisser.
À tous les parents qui doutent et qui angoissent, ne craquez pas, n'en voulez surtout pas à votre enfant. Faites-lui confiance et surtout armez-vous de patience. Nos enfants ne sont pas bêtes, loin de là. Ils sont intelligents. Il suffit de trouver la clé. Gardez espoir.
Mme Comte
9 février 2006

Bonjour,
La maîtresse de mon fils, qui va avoir 6 ans, vient de m'apprendre qu'il confond les lettres p, b, t, d, q, et ne sait pas placer les sons dans les syllabes. Est-il dyslexique ?
J'ai pris rendez-vous avec un orthophoniste pour un bilan et compte commencer à lui apprendre moi-même la méthode syllabique de Boscher cet été. Que me conseillez-vous de faire s'il vous plaît, je n'en dors plus la nuit ? Avez-vous des conseils, des ouvrages, des méthodes à me conseiller ?
Merci beaucoup.
Firdaws Matallah
5 juin 2006
 
Mon garçon, âgé de 9 ans, est dyslexique. Il est en CM1 et a énormément de devoirs à la maison. Les maîtresses ne veulent rien savoir : « C'est le programme du CM1 », me disent-elles. Mais il n'arrive pas à tout faire. Il pleure tout le temps dès que l'on commence les devoirs jusqu'à ce qu'ils soient terminés. Pourriez-vous me dire ce que je peux faire pour l'aider ? Merci.
Martine Fourets, Le Puy
19 septembre 2006
 
Bonjour,
Je suis allée sur le site BienLire et j'ai décidé de vous écrire. J'ai un enfant de 10 ans qui est en CM1. Il se prénomme Julien. Il est en grande difficulté scolaire et je n'exagère rien. Cela a commencé en fin de grande section de maternelle où l'on m’a conseillé de consulter un orthophoniste, qui me dit que Julien est dyslexique. Depuis, il va chez l'orthophoniste tout les jeudis et je ne vois vraiment aucun progrès. J'en ai parlé à la directrice de l'école qui a fait venir un psychologue pour lui faire passer des tests qui se sont révélés positifs puisque Julien avait un bon QI (plus que la norme même à l'âge de 8 ans).
Depuis, on l'aide et rien ne se produit, rien. Nous sommes très inquiets quant à son avenir. Il a actuellement 2 de moyenne en français et 3 en mathématiques. Je suis mal pour lui et ne sais plus comment faire. La maîtresse aussi se trouve dans une impasse, ne sait plus quoi faire pour Julien.
Je vous en supplie, pouvez-vous m'AIDER ? Bien cordialement.
Sylvie Catarino (Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne)
16 novembre 2006

Bonjour,
Je viens de lire votre courrier et je suis dans la même situation. Ma fille Pauline est actuellement en 6e dans un collège privé. Cela fait maintenant 4 ans qu'elle a des difficultés à l'école, on l'a toujours encouragée. Elle a longtemps été suivie par une orthophoniste pour la logique seulement. Aujourd'hui, nous sommes persuadés que Pauline est dyslexique. Nous avons rendez-vous le 18 décembre 2006 pour un bilan complet d'une heure chez une autre orthophoniste. Pouvez-vous m'aider ? Bien cordialement.
Patricia Dumas (Mâcon)
23 novembre 2006

Bonjour !
C’est toujours avec la plus grande tristesse que je lis des témoignages sur la dyslexie. On a vraiment l’impression que les parents vont d’un orthophoniste à l’autre sans réelle efficacité. Cette succession d’échec ne peut que renforcer le trouble et désespérer enfants et parents. Les méthodes qu’utilisent les orthophonistes ont-elles étaient validées par des tests comme pour les médicaments ? Si oui, pourquoi sont-elles si différentes ? Pourquoi cette absence d’unanimité ? Chaque cas est particulier, je le veux bien mais pourquoi ne peut-on pas fixer un dosage, un rythme et une durée dans le traitement pour chaque approche spécifique ? Ayant eu à surmonter pour moi-même (il y a bien longtemps) des difficultés de même nature (la seule séquelle qui me reste, c’est une grande difficulté à retenir et à orthographier les noms propres, à mémoriser les chiffres, etc.), je ne peux que redire ce que j’ai écrit ailleurs. Il ne faut pas, me semble-t-il, essayer de s’attaquer frontalement au trouble lui-même (par exemple mauvaise transcription des sons) parce que je pense qu’il s’agit d’une déficience neurologique quasi irréversible mais le contourner, c’est-à-dire, obtenir cette bonne transcription par d’autres moyens que ceux que l’on a l’habitude de mettre en œuvre. Par exemple (et c’est ce que j’ai fait), il ne faut pas traiter le mot d’abord dans sa forme et son apparence mais le considérer comme un simple signe d’un concept qui ne sera compris que si on l’associe à d’autres voisins ou contraires. Cela consiste à procéder à une segmentation sémantique et à constituer des tables de lecture inscrites en colonnes (en général dix mots par colonne), chaque mot est tronqué jusqu’à un point de bascule variable qui permet sa reconnaissance : arbr, chên, tilleu, peupli, feuilla, branc, tron, raci, écorc, frondais. On voit tout de suite que ces mots ont un rapport de sens entre eux. Ils concernent bien sûr les « arbres ». Le déchiffrage (autrement dit la lecture des lettres) ne peut parvenir à son terme que si on passe par le sens et la compréhension. Il n’y a donc plus dissociation entre les deux capacités : celle de déchiffrer et celle de comprendre et nous inversons la lecture habituelle (on déchiffre pour comprendre). Là, on ne peut pas déchiffrer si l’on n’a pas d’abord compris. Cette inversion est fondamentale pour le dyslexique car il va pouvoir s’appuyer sur ce qu’il possède (l’intelligence) pour apprivoiser ce qui lui est étranger (la concordance son/lettres). En somme, chaque mot doit être inséré dans des séries qui lui donnent du sens et fragmenté pour que le dyslexique puisse, grâce à cet indice visuel ou sonore, lire et mémoriser ce qu’il lui fait obstacle. L’amorce (le début du mot) donne lieu à une analyse des lettres qui ne peut être complétée et synthétisée que par le sens. Oui, mais le sens justement, le dyslexique le connaît déjà : il sait ce qu’est un arbre, une écorce, un tronc, etc. Et s’il ne le sait pas, on lui explique, on le dessine ou on le montre. En somme, la mémoire de travail (celle qui enregistre les lettres) n’est pas saturée puisque le mot est coupé et c’est la mémoire sémantique intacte (celle qui connaît le sens des mots) qui vient à son aide pour achever le processus. Cordialement.
F. Bourdil, professeur de Lettres
1er décembre 2006

Madame, Monsieur,
Un an après, je viens à nouveau apporter mon témoignage pour vous donner des nouvelles enfin positives de mon fils Alexandre ! Mais que d’épreuves à affronter pour en arriver là...
Pour l’année scolaire 2006-2007, Alexandre est toujours scolarisé en CLIS 4 à l’école élémentaire Grégoire Bordillon d'Angers (dans le Maine-et-Loire). En juin 2006, un représentant de la CDES (Commission départementale d'éducation spéciale) m’a contacté après avoir lu mon courrier concernant le non renouvellement du service de notre fils et le parcours en libéral que j’avais mis en place avec mon médecin traitant qui avait demandé une prise en charge à 100 %.
Cette personne était bien embêtée par cette situation d'autant que je suis moi-même invalide à 80 %. Cela les a interpellés et un peu mis mal à l’aise.
Étant donné qu’un diagnostic précis n’a pu être posé, un nouveau centre de soins pour enfants atteints de retard mental léger nous a été proposé. J’ai eu cette information qu'au bout de 10 ans seulement...
Mon fils a commencé son année scolaire avec une nouvelle enseignante spécialisée. Son niveau en mathématiques correspond à celui du CE1, l'objectif étant qu’il apprenne à compter. C'est plus difficile pour la géométrie car il a du mal à se repérer dans l’espace. En français niveau CE2, nos efforts sont concentrés sur l'enrichissement de son vocabulaire ; pour cela, je vais d’ailleurs acheter un dictionnaire visuel pour compléter celui du niveau junior (la maîtresse m’a dit que c'était une bonne idée). Nous lui apprenons les notions de grammaire, de conjugaison sachant que la langue française est tout de même difficile. En ce qui concerne la lecture, il lit couramment mais nous le faisons articuler pour que la compréhension soit plus facile pour tous. Pour les poésies et les chansons, Alexandre a une mémoire à long terme très développée ainsi que pour les mots de dictées qu’il a à faire chaque semaine (10 mots à peu près).
Pour les mathématiques, j’ai acheté un manuel avec des exercices de niveau CE1 que nous lui faisons faire, à petites doses. En ce qui concerne les sciences, l’histoire et la géographie de niveau CE2, je fais une synthèse des leçons en parallèle du cahier de classe, pour qu’il comprenne et puisse réussir les contrôles, dans la limite du possible. Nous avons vu cela avec l’enseignant qui le prend en intégration scolaire, cours durant lesquels il est accompagné d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire). De plus, afin de compléter les séances hebdomadaires chez l'orthophoniste, je vais sûrement l’inscrire dans un atelier théâtre pour qu’il se familiarise avec le langage oral. Par ailleurs, une éducatrice vient chaque semaine à l’école, elle lui apporte des supports éducatifs qui ont permis à Alexandre de se sentir très à l’aise avec l’informatique ; elle prévoit dans l’année des sorties au cinéma et au musée avec d’autres du SESSAD (Service d'éducation spécialisée et de soins à domicile). Étant donné que tous les enfants de sa classe présentent des handicaps moteurs, il est important qu'Alexandre soit également intégré parmi d'autres enfants valides pour être le moins désorienté possible. Il rencontre également une psychologue chaque semaine. J’ai des contacts réguliers avec l’éducatrice au SESSAD ainsi que des rencontres avec le pédopsychiatre. La première équipe éducative s’est bien déroulée, dans l’ensemble les propos sont positifs. Nous avons encore 18 mois pour préparer Alexandre pour l’UPI 1 ou 4 selon les possibilités. Je vous donnerai des nouvelles prochainement. Cordialement.
Mme Allard
5 janvier 2007

Bonjour,
J'ai les larmes aux yeux, en lisant tous vos témoignages. Ils sont remplis de détresse, d'incompréhension et de sentiment d'injustice.
J'ai également un enfant dyslexique de 13 ans maintenant. Je vais vous raconter son parcours car il peut aider certains d'entre vous.
Voila, depuis son entrée en grande section de maternelle, je trouvais que Guillaume avait une facilité pour l'écriture miroir hors du commun. Il jouait à écrire de droite à gauche le plus vite possible !! Inquiète, j'en ai parlé à sa maîtresse qui m'a reprochée d'être trop à l'écoute et que de toute façon énormément d'enfants écrivaient, au début, de cette façon. Les mois se sont donc écoulés sans que je ne fasse rien de plus et Guillaume a continué à jouer à écrire très souvent de cette manière.
Puis, il est entré en CP. Il a commencé à s'agiter en classe. Je suis donc allée voir sa maîtresse de façon à essayer de comprendre comment on pouvait y remédier. Là, j'ai cru que le ciel me tombait sur la tête !! Celle-ci, très calmement, m'a attrapé deux cahiers d'élèves dont celui de mon fils et m'a dit : « Il fait aucun effort, on voit bien qu'il n'aime pas l'école, là où les autres sont capables de recopier correctement les consignes, votre fils fait plein de fautes et en plus il n'a même pas fini son travail !! » J'ai uniquement dit à sa maîtresse que j'allais prendre rendez-vous pour vérifier s'il n'avait pas de problèmes de dyslexie car j'étais persuadée que, n'étant pas un enfant perturbateur, il avait tout simplement besoin d'aide. J'avais raison. Ça va peut-être vous sembler bizarre, mais quand l'orthophoniste m'a dit qu'il était dyslexique, j'étais contente car enfin quelqu'un allait nous aider.
Celle-ci m'a également dit que personne ne connaît mieux son enfant qu'une mère et qu'il serait souhaitable que l'Éducation nationale n'oublie pas cette notion.
Mon fils a été suivi en CP et en CE1 par cette orthophoniste. Puis il a souhaité continuer sa scolarité sans aide, du moins sans celle de l'orthophoniste. Il a réussi cet exploit jusqu'à cette année : en 5e, le rythme s'est accéléré et il se noie dans le travail. N’ayant pas le temps de finir ses interrogations écrites, il panique et a beaucoup de mal à compenser sa lenteur. Il se décourage à nouveau.
De moi-même, et avec son accord, nous avons refait un bilan d'orthophonie. Effectivement, il a de nouveau besoin d’être aiguiller. Quand mon fils est revenu de ce bilan, il était radieux. Il m'a dit qu'on allait à nouveau l'aider. Depuis il va une fois par semaine chez l'orthophoniste. Un Plan d'aide individualisée a été demandé au collège pour lui, elle devrait débuter au deuxième trimestre. Cela lui permettra dans certaines matières d'avoir plus de temps à l'écrit et dans d'autres, d'avoir un peu moins d'exercices écrits à faire lors des interrogations en classe.
Vous voyez, surtout ne vous découragez pas. En s'accrochant, on arrive malgré tout à avancer.
Si vous avez le moindre doute concernant vos enfants, surtout faites-les tester, ils gagneront peut-être quelques années de galère. Le plus important, je crois, c'est qu’en tant que parents nous soyons toujours là pour encourager nos enfants, ils ont énormément besoin que nous ne baissions pas les bras. Suivant nos réactions, leur comportement est si différent !! J'espère que ces quelques phrases vous ont un peu mis de baume au cœur.
Christine, mère de Guillaume
29 janvier 2007

Petite contribution à ces échanges :
Mon fils Tom, 8 ans en CE1, présente une dyslexie-dysorthographie sévère associée à une dyspraxie visio-spatiale (c'est en gros un trouble d'organisation du regard).

1. Le diagnostic a été effectué par le centre référent des troubles du langage et des apprentissages (CLAP) du CHU de Brabois Nancy (54) où une équipe de spécialistes (ergothérapeute, neuropédiatre, neuropsychologue, orthophoniste, pédopsychiatre) a examiné les difficultés de Tom. Cette équipe s'est réunie à la fin de l'exercice pour conclure et restituer aux parents une synthèse lisible comprenant le diagnostic et des solutions. La demande au CLAP, sur conseil du psychologue scolaire et du pédiatre de Tom, a été faite en août 2006 et les examens se sont déroulés entre fin octobre et décembre 2006. La restitution de la synthèse s'est faite fin février 2007.
Ces solutions sont en cours de mise en œuvre. On se situe donc au tout début de la démarche.

2. La dyslexie est « traitée » principalement par l'orthophoniste (deux fois par semaine) et l'ophtalmologiste qui a prescrit le port de lunettes prismatiques car il apparaît que la dyslexie trouve son explication dans les troubles proprioceptifs. Un podologue, spécialisé dans les problèmes posturaux, va suivre les évolutions de Tom. Je vous conseille donc de rencontrer un ophtalmologiste pour faire un test de déficience posturale, en plus d'un bilan classique s'il n'a pas été fait.

3. La dyspraxie visio-spatiale est « traitée » par l'ergothérapeute selon les recommandations suivantes, pour les principales, qui valent aussi pour la dyslexie :
- plan incliné pour écriture 30° ;
- lutrin pour lecture 50° ;
- agrandissement et allégement des supports visuels, mise en place de stratégie linéaire par points d'appui visuels (soulignage d'une ligne en vert, la suivante en rouge et ainsi de suite) ;
- opposition syllabique en couleur : une syllabe rouge, une verte et ainsi de suite ;
- utilisation du suivi au doigt ;
- remplacement des cahiers à grands carreaux par des cahiers de pré-graphisme.

Une rééducation auprès de l'orthoptiste est aussi engagée pour travailler les saccades latérales et linéaires, et rééduquer la coordination des deux yeux en situation fonctionnelle (deux tâches simultanées : visuelle et motrice).
Un site bien fait à consulter : www.dyspraxie.info/scolarite/primaire.htm

4. Un bilan auditif d'ORL va être engagé pour vérifier que l'enfant entend bien. Car qui sait !

5. Tom suit une classe RASED deux matinées par semaine et travaille avec la méthode des Alphas depuis novembre 2006.

Aujourd'hui, je peux expliquer l'origine de ses manques de concentration, d'attention et sa grande fatigabilité. J'envisage de mettre en place un PPS (projet personnalisé de scolarisation) en vue de désigner un enseignant référent qui fera le lien entre les équipes pédagogiques et les équipes médicales, et ce tout au long de sa scolarité (donc jusqu'au lycée) et de définir un ensemble d'aménagement à prévoir.
J'avoue que pour arriver à tout cela en si peu de temps... j'ai quitté mon emploi, une grande disponibilité permet de « choper » un rendez-vous très rapidement en sautant sur chaque occasion de rendez-vous annulé. J'y vais à fond en expliquant à mon fils qu'on est là pour l'aider et que ce n'est pas de sa faute s'il a tant de mal à lire, à reproduire des sons à l'écrit !
Pour l'instant, j'y crois et vous encourage à ne pas désespérer, à vous accrocher. Nous sommes nombreux dans cette situation (10 % des élèves présentent une dyslexie en France !). Dans l'éducation nationale, les choses bougent, peut-être pas assez vite, mais des structures se mettent en place, des intermédiaires se font connaître.
Bon courage et à votre disposition pour tout complément d'informations.
Stéphanie Muller
22 mars 2007

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