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Plus les années passent, moins les livres sont attrayants


  
Bonjour,
Au hasard d'une navigation sur le net, je suis arrivé sur une page où il m'était enfin possible de dire ce que je pensais au niveau de la lecture chez l'enfant, je me permets donc par le présent mail de vous donner mon opinion.
Concernant le CP, peu de choses à dire, au terme de ce CP, une majorité d'élèves a appris à lire et a acquis les bases de la lecture, grâce à une méthode très attirante pour l'enfant. Malheureusement, et à partir du CE1, rares sont les instituteurs qui parviennent à intéresser l'enfant à la lecture. En effet, plus les années passent, et moins les livres sont attrayants. Imaginez-vous revenir à un très jeune âge, devant lire des livres dont on ne voit pas la fin à cause du nombre important de pages, des petits caractères, du manque d'illustrations, bref... l'enfant très tôt n'est plus attiré par la lecture, bien au contraire... Certains heureusement deviendront lecteurs par la suite, mais malheureusement pas une majorité.
Je pense donc que selon moi, l'accent devrait être mis sur des livres plus adaptés à l'âge de l'élève, si bien sûr il existe une réelle volonté de se confronter aux problèmes de lecture dès le plus jeune âge.
Enfin pour terminer, beaucoup de livres devant être lus par les adolescents font partie d'un programme très « classique » (Molière, etc.), et il est normal de conserver ce patrimoine. Il sort toutefois chaque année des livres dont certains obtiennent même des prix, que personne ne connaît...
Pour terminer définitivement, le coût des livres est toujours très cher...
Tout ceci pour vous faire connaître mon opinion, qui n'engage que moi-même évidemment... Et vous ?
Cordialement.
Hervé Schepens
1er novembre 2003

Tout dépend de la façon dont on aborde les livres
Je suis professeur des écoles en CE1 pour la seconde fois et je voudrais répondre au message de monsieur Hervé Schepens du 1er novembre. Il est vrai que les livres sont très ludiques en CP, mais ils le sont tout autant en CE1 puisque nous travaillons principalement sur des albums, certes un peu plus longs mais pas obligatoirement. Et j'ai pu remarquer que c'est le niveau de rapidité en lecture qui détermine le passage de l'album au roman, même pour des élèves de CE1.
Il faut aussi dire que même plus tard en cycle 3, nombre d'enseignants travaillent toujours sur des albums pour leurs richesses culturelles et graphiques.
Par contre, je pense que c'est plutôt la façon d'aborder les textes qui est à revoir, car après une lecture les enfants comme les adultes n'ont pas toujours envie d'en parler et surtout pas envie de décortiquer le texte ! Et puis ont-ils envie de lire ce que nous voulons qu'ils lisent ?
Personnellement je lis beaucoup, livres classiques, contemporains, mais aussi avec un énorme plaisir les albums... rares sont ceux que je déteste : ceux auxquels j'ai dû soumettre le décorticage scolaire imposé par la fiche de lecture.
Parents, enseignants mais aussi ados et enfants si vous avez des idées, n'hésitez pas !
Cordialement à tous.
Karine Enderlin
24 novembre 2003

Un an après...
Et oui, déjà un an que mon dernier post a été mis en ligne, et aujourd'hui rien ne s'améliore concernant la lecture à l'école, je dirai même que cela va aller en s'aggravant... Je m'explique : d'après la nouvelle réforme qui entrera prochainement en vigueur, l'accent sera mis également sur l'apprentissage des langues étrangères. Il va de soi que déjà aujourd'hui beaucoup d'écoles primaires ont déjà commencé, sans parler de la musique par exemple qui, même sous forme de chorale ou de simple initiation, est d'un intérêt extrêmement faible par rapport à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Certes, la musique, tout comme d'autres formes d'expression, permet justement de pouvoir faire exprimer les enfants. Mais franchement, très franchement, ne croyez-vous pas que l'arrivée de l'apprentissage des langues étrangères, de la musique, etc. en école primaire ne peut-être qu'au détriment de la lecture et de l'écriture ? Beaucoup d'élèves, souvent et de plus en plus en difficultés, auraient plus d'intérêt à travailler ces disciplines à la place de ces disciplines qui selon moi n'ont rien à faire en primaire.
Par ailleurs, et même si ma réaction est tardive, la réaction de cette institutrice que je respecte vivement ne m'a absolument pas fait changer d'avis par rapport à mon premier post. Je n'ai pas non plus fait de généralités, il est des établissements qui arrivent à intéresser les élèves à la lecture et heureusement, je généralise davantage dans ce post où je dis que de toute façon, il suffit de nous mettre à la place des enfants, nous serions très vite découragés par des livres au nombre de pages dont on ne voit pas le bout, des livres sans illustrations, des petits caractères... Mais je ne généralise pas, en tout cas, vous faites un travail extrêmement passionnant, mais aussi difficile, vous êtes une personne extrêmement importante quant au devenir de l'enfant que vous aurez eu en classe, mais ça, je suis sûr que vous en êtes tout à fait consciente.

Hervé Schepens,
Parent d'élève
28 novembre 2004

Je réagis au dernier message qui est contre l'introduction de nouvelles disciplines comme la musique, une langue vivante.
Je vais d'abord suivre votre raisonnement par l'absurde : s'il est primordial que les enfants apprennent à lire, écrire, compter, on n'a qu'à faire que ça : deux heures pour chaque discipline tous les jours, que ça, que ça, que ça ! Ce que vous êtes sûr de produire, c'est une classe de mômes qui détesteront la lecture ! Quant à l'efficacité de ce bourrage de crâne, perso je suis sceptique... et ne parlons pas d’« intérêt » !
Par contre, quand on fait l'effort de comprendre que les matières ne sont pas hermétiques, on comprend l'intérêt de leur multiplicité : en histoire, en géographie, dans l’étude du monde vivant, sans s'en rendre compte on lit, on écrit, on compte. En sport, on mesure donc on compte (c'est marrant, on trouve toujours le dessin ou la musique idiots ou inutiles, mais personne n'est jamais contre le sport, pourquoi ?). En musique, on compte aussi, on fait même des fractions (le rythme), on découvre une nouvelle forme de notation (les notes sur la partition), et surtout on développe son oreille, qui sera très utile plus tard pour... apprendre des langues étrangères. Et les langues vivantes, c'est la même chose : on y apprend que les mots ne sont pas universels, que la bébête à moustaches se dit/s'écrit chat dans ma langue, cat dans une autre. C'est peut-être un tout petit peu déstabilisant au début, mais pas tant que ça : elle s'appelle aussi minou, pourquoi pas un autre mot ? Et cela permet surtout d'explorer sa propre langue de l'extérieur : cat et chat ça se ressemble, par contre chien et dog pas du tout. Quand on sait que toute personne qui parle trois langues peut en apprendre aisément une dizaine, on comprend l'intérêt de cette mesure : loin de « disperser l'attention », l'apprentissage d'une puis deux langues vivantes enclenche des mécanismes qui facilitent les autres apprentissages... comme le goût de la lecture, qui peut venir parfois étonnamment d'une autre langue : ça peut être plus drôle de lire en anglais qu'en français.
Ce qui, personnellement, me laisse dubitative dans cette mesure, c'est : QUI va enseigner cette langue étrangère ? L'instituteur ? Il n'est pas formé pour ça. Un intervenant extérieur ? Payé avec quoi ?

Éléonore Brun
23 février 2005

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