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Pourquoi j’ai déscolarisé mon plus jeune enfant


  
Bonjour,
Maman de 4 enfants, j'ai été amenée à déscolariser mon fils âgé de 5 ans et demi : « locomotive de la classe » selon son institutrice de moyenne section qui disait de lui qu'il comprenait les consignes immédiatement et sans erreur. Mon fils s'est vu refuser un passage (« anticipé ») au CP parce qu'il n'a pas 6 ans dans l'année civile. Au contraire, on voulait nous convaincre que c'était une chance pour lui de faire une quatrième année de maternelle !
Comme il s'ennuyait à l'école depuis 2 ans déjà, que l'ambition de l'institutrice de grande section consiste à apprendre aux enfants à écrire « leur prénom en attaché » à la fin de l'année scolaire (chose qu'ils savent faire depuis un an déjà), nous avons décidé de le retirer de l'école pour lui apprendre à lire, à écrire et à calculer.
Après avoir tâtonné entre la méthode Boscher et d'autres méthodes, j'ai finalement retenu une méthode qui semblait convenir à mon fils, basée sur l'apprentissage syllabique. Après deux mois à raison d'une leçon quotidienne, mon fils sait lire. Nous avons presque terminé le livret, et j'envisage de passer à des exercices complémentaires pour bien assurer ses bases.
Je regrette que l'équipe pédagogique, appuyée par l'Inspectrice de circonscription, puis l'Inspection académique, n'ait pas pris en compte les capacités de mon fils pour aborder l'apprentissage de la lecture dès septembre dernier. Je constate que de nombreux enfants, même dans notre école dite « privilégiée » parce que fréquentée par un nombre assez élevé d'enfants issus de familles aisées, se retrouvent en difficultés : plusieurs présentent des troubles de l'apprentissage qui auraient pu être détectés dès la maternelle, mais qui n'ont été pris en compte qu'au CE1, d'autres ont des comportements difficiles parce qu'ils s'ennuient en classe.

Constatant également que les enfants ne savent pas « anticiper » les mots, les phrases, lorsqu'ils lisent, je comprends qu'ils ne saisissent pas le fait que chaque mot, chaque phrase a un sens en rapport avec ce qu'ils entendent, ce qu'ils disent. Il y a un réel décalage, et je voudrais savoir comment apprendre à mes enfants jeunes lecteurs ou pas encore lecteurs, que la lecture est en relation directe avec la vie, de façon à ce qu'ils puissent en tirer le plus grand profit, pour qu'ils enrichissent à la fois leur vocabulaire, leur expression, qu'elle soit écrite ou orale, et en même temps développer leur réflexion.

Ma fille cadette, âgée de 7 ans, est en CE1. Contrairement à son frère, elle présente des difficultés : elle est très lente, a une lecture très hachée, nous la soupçonnons d'avoir des troubles de l'apprentissage sans arriver à en définir la caractéristique précise, et ce depuis l'âge de 3 ans, alors que les institutrices n'ont jamais rien remarqué (si ce n'est qu'elle est très docile, très sage, très appliquée, mais aussi très lente). Nous voudrions l'aider avant que les difficultés soient insurmontables. Elle a un suivi orthophonique depuis quelques mois, mais elle a apparemment des problèmes de mémorisation. Son expression orale est pauvre, son vocabulaire peu développé, ce qui ne l'empêche pas d'être très bavarde.

Je suis donc soucieuse d'apporter à chacun de mes enfants l'attention qui les aidera à s'épanouir :
- pour lui, en contribuant à maintenir, voire développer un langage déjà très évolué tout en stimulant sa réflexion, malgré son jeune âge ;
- pour elle, en assurant des bases solides pour une lecture et une compréhension plus aisées, alors que j'ai du mal à cerner les lacunes au niveau des connaissances ;
- pour l'aînée (13 ans bientôt, en 4ème), grande lectrice, mais qui ne semble pas tirer profit de ses lectures, puisque son expression, tant à l'écrit qu'à l'oral, est plutôt pauvre au niveau de la réflexion ;
- et pour le dernier qui a tout juste 4 ans, trouver la bonne méthode qui lui permettra de ne pas rencontrer les difficultés de ses frère et soeurs.
Cathy Montbeyre
28 décembre 2003

J'envisage moi aussi de déscolariser mon fils qui présente d'un côté des problèmes de dyslexie (non encore avérée car dit-on le diagnostic ne peut intervenir qu'en fin de CE1) et un QI très élevé. Se confrontant à une méthode de lecture inadaptée, il est dans un état dépressif. En résumé, cela va vite dans sa tête mais ça bloque sur le décodage. L'institutrice se déclare sans ressource et n'a pas l'air soucieuse de s'adapter. Votre méthode d'apprentissage (quel manuel, quel livret, etc.) pourrait peut-être m'aider. Merci.
Agathe Bank, maman de Noé
5 novembre 2004

Mon fils a 6 ans, il est au CP. Depuis son entrée en maternelle, il a un problème de mémorisation et de concentration. Malgré cela, il continue à s'accrocher et à s'identifier aux enfants « sans problème ». Dès la classe de CE1, l'éducation nationale met en place la CLISS (réunissons tout les enfants à problèmes, pour qu'ils restent enclavés dans ce « bloubiboulga » !). Moi je suis totalement contre cette méthode inadaptée. Laissons les enfants évoluer à leur rythme, soutenons-les, mais surtout : faisons leur savoir qu'ils sont normaux !!! et qu'ils n'ont pas besoins d'être isolés. Les enfants doivent savoir que le monde est composé de lents, de moyennement lents, de rapides, de moins rapides, de supers rapides, et que tout cela est parfaitement normal !!!
Édith Duquesnoy
21 décembre 2004

Je suis institutrice, j’enseigne en CP depuis deux ans.
Mon fils a appris à lire (déchiffrer) presque tout seul, vers 5 ans et il a eu 6 ans juste avant son entrée au CP. La question s'est posée : CP ou CE1 ? Mais son écriture étant très mauvaise (logique, ce n'est pas un apprentissage obligatoire de GS), il est finalement entré en CP, même en sachant lire...
L'année dernière, j'ai pris en fin de CP un enfant de moyenne section qui se débrouillait bien, dans l'éventualité d'un passage anticipé... paniqué au bout de 2 heures, muet, tétanisé... non vraiment, pas une bonne idée... Je l'ai repris en début de CP cette année pour un décloisonnement lecture sur plan de travail... Bizarrement, souriant, à l'aise, et plus en réussite. Qu'en conclure ? Que 4 mois (maintenant 6) lui ont amené un plus de maturité et d'aisance, face à la tâche scolaire... Il arrivera sans doute en CP l'année prochaine en sachant lire... et alors ? Tellement d'autres choses à apprendre !
À contrario, une gamine a fait 3 semaines de CP puis hop, est entrée en CE1 !
Cathy Montbeyre dit : « Je regrette que l'équipe pédagogique, appuyée par l'inspectrice de circonscription, puis l'inspection académique, n'ait pas pris en compte les capacités de mon fils pour aborder l'apprentissage de la lecture dès septembre dernier. »

Oui ! Mais n'aurait-il pas appris à lire en grande section ?

Pour les enfants en difficulté, j'ajoute que malheureusement, nous n'avons pas toujours la solution adéquate, surtout quand cette solution passe par une relation duelle et qu'il y a 25 enfants avec un seul adulte... J'ai 4 niveaux de lecture en ce moment, et je m'arrache autant les cheveux avec les élèves qui n'ont rien compris à la combinatoire qu’avec ceux qui lisent de façon courante et qu'il faut intéresser pendant les séances de lecture....
 
PS : je suis d'accord avec Édith Duquesnoy. Acceptons les rythmes de chacun !
Caroline C.
26 janvier 2005
 
Réaction d'une enseignante de ZEP aux propos de Édith Duquesnois :
Il est effectivement important que les enseignants et le système éducatif s'adaptent aux rythmes de chaque enfant. Pourtant les CLISS ne sont pas des « gloubi-boulga » ! Elles peuvent justement permettrent à des enfants en échec permanent de travailler différemment, dans une classe à effectif réduit et à son rythme sans la pression du programme à maîtriser en 3 ou 4 ans maximum. Je pense qu'il faut revoir les préjugés sur ce point et accepter que nous ne sommes pas tous les mêmes et ne pouvons entrer tous dans la même case.
Virginie Reynouard
16 février 2005

Bonjour,
Je me présente, je m'appelle Eléonore et j'ai 31 ans.
J'ai appris à lire, compter et écrire à 4 ans, par curiosité et imitation, car entourée par des plus grands qui faisaient le soir leurs devoirs, je voulais faire comme eux. Je voudrais ajouter mon témoignage, car cet apprentissage précoce a fait mon malheur pendant toute ma scolarité, à cause de la réaction affligeante de l'équipe pédagogique. En effet, celle-ci m'a fait faire tout mon cursus, de la maternelle au CM2, sans me faire sauter aucune classe. Il était évident pourtant que je m'ennuyais à cent sous de l'heure : je mettais le bazar, or bien que punie plus de 50 % du temps, je faisais mon travail mieux que les autres, comprenais plus vite, lisais deux livres en même temps, faisais les exercices facultatifs, expliquais aux plus faibles (non je ne bavardais pas, mais allez expliquer ça à un instituteur), suivais le niveau au-dessus dans les classes à double niveau (et donc m'ennuyais encore plus l'année suivante...). Je passais mon temps à lire, consommant en moyenne une dizaine de livres par semaine. Au lieu de s'étonner de mes facilités, mes instits essayaient de me « piéger », au lieu de comprendre et de réagir, de me faire sauter une, voire deux classes, pour me calmer, ils m'ont imposé tout le cursus, aucun ne voulant se taper un an trop tôt la célèbre Eléonore. Bonne élève et fouteuse de bazar, ça ne collait pas pour eux. Pas un pour comprendre que les deux étaient liés. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il y avait un problème de maturité : je n'avais pas d'amis de mon âge, je ne me sentais à l'aise qu'avec des personnes plus âgées. Résultat, non seulement j'ai passé six ans à me faire « chier », à être punie (la directrice de l'école faisait copier une page du Bescherelle comme punition. Quand j'ai eu fait toutes les pages du livre trois fois, je le connaissais par cœur...), mais je suis arrivée au collège avec des habitudes déplorables : aucune discipline (j'ai passé ma 6e en « colles »), et aucune méthode de travail. Travailler, faire des efforts, suivre un rythme, je ne savais pas ce que c'était. Je ne l'ai jamais su d'ailleurs, et je suis restée à jamais une « autodidacte scolarisée », faisant, au collège comme au lycée, les programmes à ma sauce selon mes centres d'intérêt. J'ai fini à la fac, vous vous en doutez, une fac anarchiste, et je suis à présent chef de ma propre entreprise car je n'ai pas supporté le salariat. Je n'ai jamais appris la discipline, je n'ai jamais appris l'effort. J'ai réussi malgré tout mais j'en veux encore à ces instits imbéciles.
Au lieu d'être la fierté des professeurs (et de mes parents), j'en ai été le cauchemar, au lieu d'années de joie de la découverte, mes années d'école ont été des années de frustration. Un tout petit peu d'attention, de bon sens, de volonté pour comprendre et accepter qu'on ne rentre pas tous dans le même moule : était-ce trop demander ?!
Je trouve déplorable qu'il soit nécessaire de déscolariser un enfant « trop » doué ou « trop » curieux, car l'école c'est aussi les copains. L'école ne sait pas faire avec ses « cancres », elle ne sait pas non plus faire avec ses bons élèves : elle sait faire avec qui finalement ?
Merci de votre attention.
Éléonore Brun
23 février 2005

Je voudrais réagir par rapport à la dernière lettre d’Éléonore : non mais c’est facile d’accuser les instits, ils font ce qu’ils peuvent et en prennent plein la tête. Si l’enfant réussit, c’est parce qu’il est doué et s’il échoue, c’est bien sûr la faute de l’instit car il n’a pas réussi à comprendre ce cher petit. Pourquoi ne pas faire un essai dans une classe avec 27 élèves de CP, tous de niveaux différents. Merci encore pour la considération, c’est de pire en pire !!!
Gérard Bouquet
16 mars 2005

Enseignante de réseau d'aides, soucieuse de ne pas vouloir faire de bêtises pour un passage anticipé demandé par une famille, je me penche sur internet afin d'améliorer les évaluations proposées... eh bien, après avoir lu un tel flot d'horreurs sur les enseignants, j'ai bien envie de ne pas me pencher sur le passage anticipé, de considérer qu'après tout mon travail n'est pas de faire plaisir à des parents pressés qui s'imaginent que leur enfant sera sûrement notaire ou ministre, mais de m'occuper des élèves en réelles difficultés... Heureusement au bout de 28 ans, je sais que je travaille pour les élèves... pas pour les parents, plutôt avec eux.
Merci de tant de reconnaissance.
Noëlle Duifeux
7 avril 2005

Eh oui, j'enseigne... J'ai la chance d'avoir deux filles brillantes qui ont pourtant fait, jusqu'à maintenant, leur cursus normalement. Aller à l'école, c'est apprendre à vivre ensemble, en étant tous différents, et si on apprend quelque chose qu'on sait déjà, on peut apprendre à vivre avec ceux qui ne savent pas... encore.
Si le système ne convient ni aux forts, ni aux moins forts, c'est peut-être qu'on lui demande d'être ce qu'il n'est pas : une machine à produire des génies en herbe. Il y a déjà fort à faire quand il s'agit de sociabiliser chacun, d'individualiser un tant soit peu notre enseignement (mais au fait : parviendriez-vous à nourrir 25 personnes avec chacune un plat à leur goût et différent de celui du voisin ?). À l'impossible, nul n'est tenu. Le parent est là pour faire évoluer son enfant à son rythme et développer ses capacités ; nous avons à lui apprendre la tolérance, la patience (que dire d'une élève, frustrée, qui, parce qu'elle s'ennuie, perturbe le cours ?... et les autres alors, ceux qui ne savent pas encore, qui auraient bien aimé savoir mais...).
Nathalie Morel
5 septembre 2005

Je suis enseignante en grande section depuis 8 ans. Je voudrais juste préciser et corriger quelque chose que je viens de lire : « l'écriture n'est pas un apprentissage obligatoire en grande section ». Or dans les programmes, pour la fin du cycle 1, il y a une compétence qui est celle-ci : « est capable d'écrire une courte phrase en cursive en respectant le sens de l'écriture ».
D'autre part, en ce qui concerne le passage anticipé, le grand malheur, c'est quand les parents veulent que leur môme saute une classe (on est super fier après de dire que son gosse a sauté une classe...) alors qu'il n'est pas vraiment motivé pour en faire plus. Souvent, il y a un décalage de maturité à l'entrée en 6e ou en seconde. Il faudrait savoir combien d'élèves ayant sauté une classe ont passé toute leur scolarité sans redoubler…
Bérangère Mira
6 septembre 2005

Je voudrais déscolariser mon enfant, dite précoce, qui s'ennuie à l'école mais un saut de classe nous est refusé. Comment faire ?
Nathalie Michel
30 septembre 2005

Enseignante moi-même (en ZEP, à la Goutte d'Or à Paris) et mère de trois enfants, je suis toujours étonnée de la violence avec laquelle mes collègues rejettent les demandes de passage anticipé, considérant presque toujours que les parents sont aveuglés et s'imaginent que leurs enfants sont des « génies ».
Franchement, y a-t-il besoin d'être « génial » pour savoir lire à 5 ans ? Ce n'est pas bien compliqué, pour des gosses dans un milieu porteur ! Pour peu qu'on ne les embrouille pas avec des méthodes globales ou globalisantes, les enfants apprennent très vite. Ensuite, ils s'ennuient à l'école. Car non, il n'y a pas « tant d'autres choses à faire » au CP : 9 fois sur 10, pendant la leçon de lecture (2 heures par jour au moins), quand on sait lire, on s'ennuie sagement si on est sage, et on s'ennuie en faisant des bêtises si on n'est pas sage.
Mon fils est du mois de janvier. Il a fallu déployer des trésors de ruse pour le faire passer au CP à 5 ans et 9 mois (en ZEP !). Il s'est ennuyé à mourir au CP (il savait parfaitement lire dès le mois de septembre) et s'est fait punir des dizaines de fois parce qu'il ne « suivait » pas la lecture (à deux à l'heure, il décrochait).
Il a pourri la vie de son instit et a été très malheureux toute l'année (sauf en sport, en dessin, en musique, en récré – heureusement !).
Maintenant, il est en 2nde dans un « bon lycée », en section scientifique et a de bonnes notes. Non, il n'est pas « décalé » mais parfois, dans son collège de ZEP, le fossé était effectivement profond entre lui et ceux qui avaient 17 ans en 3e et ne savaient pas construire une phrase ou lire 20 lignes. Mais il a été à l'école avec eux, il les connaît et a appris autre chose : le respect mutuel.
Dans mes classes, j'ai toujours fait le choix – le pari ? – d'écouter les parents, y compris lorsque je pensais sincèrement que leur choix n'était pas le bon pour leur enfant. Je le leur dis, leur explique pourquoi, mais je les laisse maîtres de la décision finale – c'est leur enfant, et une décision mal acceptée par la famille est presque toujours une catastrophe.
L'écueil majeur ? La réaction des enseignants – la nôtre – qui ont tendance, plus ou moins inconsciemment, à mettre en exergue l'échec de la solution voulue par la famille, pour conforter a posteriori leur position. Je lutte contre ça, et c'est dur !
Laurence Pierson
8 octobre 2005

Déscolariser un enfant, c'est souvent une question de facilité. Enseignante en CP pendant de nombreuses années, en retraite depuis 2 mois, mère de 4 enfants et grand-mère de 4 petits-enfants, je trouve important que l'enfant apprenne autant à vivre en groupe que le reste... Il aimera l'école si les parents font confiance à l'école, s'il sent que, dans la classe, il a du travail à faire à son rythme, lui le rapide, comme celui qui est plus lent.
C'est vrai que cela demande de la préparation pour l'enseignant...
Passer une classe, oui ! Mais déscolariser, non ! Ce n'est pas lui donner la chance d'apprécier les différences, et puis, s'il est doué, quelle importance ! Il apprendra ce qu'il veut... avec le contact des autres !
Je ne veux pas être trop bavarde. Faisons aimer l'école, faisons-nous confiance... la critique constructive…
Mariethé Quemeneur
8 novembre 2005
 
Bonjour,
Je m'appelle Fabienne H. et suis la maman de deux enfants. Autant l'aînée n'a rencontré que de légères difficultés scolaires, autant le second, âgé de 7 ans, me pose d'énormes problèmes. Il redouble cette année son CP car il n'arrive pas à apprendre à lire et a d'énormes difficultés à écrire. Après des tests passés l'an dernier avec une psychologue scolaire, il s'est avéré qu'il possédait un QI verbal de 132. Pourtant, autant il est curieux de tout, inventif dans bien des domaines et désireux d'apprendre, autant les différentes méthodes de lecture ne donnent pas les résultats escomptés. Il a pourtant l'air de réussir davantage à lire avec une méthode syllabique.
C'est pourquoi j'aimerais demander à Cathy Montbeyre s'il lui est possible de me communiquer le nom de la méthode de lecture qu'elle a utilisée pour son fils. Peut-être cela pourrait-il m'aider ? Mon petit garçon se met à détester l'école, ce qui m'inquiète évidemment et je ne sais pas comment faire pour l'aider à développer ses capacités intellectuelles. Féru de savoir, il s'intéresse au Petit Larousse, veut comprendre et pourtant... Merci à tous ceux qui sont dans mon cas de me donner des conseils. Je suis ouverte à toutes propositions.
Fabienne Hazera
16 septembre 2006
 
Message à l’attention de Fabienne Hazera,
Pour apprendre à lire à mes enfants, j'ai utilisé « Méthode de lecture pour tous les enfants » de Marie-Christine Olivier, édition Bordas. De même pour le calcul « méthode de calcul pour tous les enfants » par Nicolas Fédélich et Éric Monneret, édition Bordas.
D’autre part, votre fils a un QI de 132 ? Avez-vous contacté une association telle que l'ANPEIP (Association Nationale des Parents d'Enfants Intellectuellement Précoces) ? Elles sont deux en France, l'une basée en région parisienne et l'autre plutôt dans le sud de la France. Être en relation avec une telle association permet d'entrer en contact avec des parents qui ont les mêmes préoccupations, rencontrent les mêmes difficultés concernant la scolarité de leurs enfants, et donc d'avoir des conseils, des « tuyaux », des contacts.
Cordialement,
Cathy Montbeyre
18 septembre 2006
 
Je ne pousse pas ma deuxième fille qui va avoir 6 ans en janvier ; en revanche, je suis persuadée que les années de maternelle sont ludiques et indispensables ; je suis persuadée également qu'il faut leur laisser du temps ; je comprends aussi que les instituteurs peuvent passer à coté d'un enfant... Et pourtant je dois me tromper parce que Léa déteste l'école maintenant, pleure dès le réveil à l'idée d'y aller et est pourtant tellement sage là-bas que l'équipe enseignante m'affirme qu'il n'y a pas de soucis, sauf chez nous visiblement ! Toutes ses copines sont passées en CP, elle a envie de les retrouver, et j'ai fini par céder à sa demande et acheter une méthode Lire avec Léo et Léa et elle lit... Alors c'est que je lui mets la pression !! Des parents qui veulent toujours plus pour leurs enfants, oui ; des enseignants qui sont réticents aux passages anticipés, oui ; mais les enfants là-dedans ? Qui peut m'affirmer que sa place est en maternelle et qu'elle fera une bonne scolarité parce qu'elle n'est pas poussée ? Qui peut m'affirmer qu'elle serait heureuse au CP et ferait une bonne scolarité ? Qui peut lui dire que le Père-Noël ne va pas réaliser son vœu et la mettre au CP ?
La solution idéale et indiscutable, personne ne la connaît mais au nom de quoi ne laisse-t-on pas sa chance à un enfant qui veut aller plus loin quelles que soient ses motivations ?
Restent peu de solutions à part la déscolarisation avec son lot de conséquences négatives. Et si tous les plats ne sont pas du goût de l'enfant, peut-on lui donner à manger à sa faim ? Un peu plus pour les gros mangeurs, un peu moins pour les petits appétits et tant pis si certains ont 5 ans au CP et d'autres 6 ans en maternelle pourvu qu'ils soient à leur place...
Marie Lavialebedo
15 décembre 2006
 
L'IUFM forme les instituteurs à travailler avec des élèves qui suivent. Si les enfants en difficulté sont à la traîne on a trouvé la solution de facilité : les CLIS.
Il faut faire le programme et avoir une classe homogène, alors ne perdons pas de temps, le rabâchage n'est plus au programme, pourtant, répéter et répéter encore est une solution, les enfants ne sont pas censés tout savoir en arrivant à l'école sinon cette dernière ne sert à rien. Je vous dis tout ça car j'ai un garçon qui a 8 ans au CP…
Florence Delage
29 janvier 2007
 
Je suis maman d'une petite fille de 8 ans qui est en CE2. Avec des cours d'orthophonie depuis plusieurs années, avec une maman ayant une maîtrise en Sciences du langage (linguistique), des instituteurs et institutrices qui l'aident, elle se débrouille assez bien, malgré son retard de langage (cause psychologique). Tout ceci se fait avec une énergie considérable et épuisante ; cette année est plus dure (nous étions pendant deux ans à Djibouti). Je suis obligée de réexpliquer les leçons dans un langage plus simple. Je voudrais réagir sur les propos tenus et partager mes pensées et mon malaise. Je suis tout à fait d'accord avec certains enseignants : je pense aux propos de Nathalie Morel, de Noëlle Duiffieux, de Bérangère Mia. Je ne pense pas que cela soit la faute des enseignants, ni des parents qui veulent faire de leurs enfants des génies ou qui veulent leur faire sauter des classes car ils s'ennuient ; non ce sont les programmes. J'ai vu la différence sur plusieurs années : je ne suis pas enseignante mais cela fait 20 ans que je donne des cours de soutien avec succès. Je sais qu'il y a des mamans qui ne vont pas être d'accord avec moi mais je suis scandalisée par ce que l'on demande aux enfants de nos jours. Oui, il y a des enfants qui s'ennuient mais l'ennui est profitable et bon, voire nécessaire. Un psychologue a dit qu'un élève heureux à l'école est un élève qui est moyen. Il faut reconnaître que maintenant un élève qui réussit bien à l'école c'est bon pour le moral... des parents ! Ce sont souvent les parents qui, inconsciemment, font que les enfants apprennent plus ; je le vois tous les jours autour de moi. Ce n'est pas parce qu'un enfant a un QI de 132 qu'il faut lui faire sauter une classe et qu'il ne redoublera pas par la suite : j'en suis la preuve vivante. Je disais plus haut que l'ennui est nécessaire. À quoi cela sert-il d'apprendre plein de choses, de les répéter année après année si finalement à l'entrée de la 6e, un enfant mélange tout ! L'apprentissage à l'école, c'est comme construire une maison : si les bases ne sont pas solides, tout s'écroule au bout de quelques années. Je pense réellement que les programmes ne sont pas adaptés. L'illettrisme a augmenté, les professeurs de collège se plaignent du manque de connaissance des élèves... Ceci est un autre débat et il ne faut pas tout mélanger. Il y a des enfants qui ont besoin de sauter des classes car leur capacité à apprendre est trop grande mais il y en a d'autres qui ont besoin, même s'ils s'ennuient, de rester à leur niveau, c'est-à-dire des enfants et non pas des têtes à réfléchir, à penser constamment. En ce qui me concerne, je suis le programme et ce qui a été vu en classe et cela suffit amplement de faire comprendre et d’expliquer à ma fille les différents types de phrases ou les différents noms des continents et océans, de lui faire rentrer dans sa tête tous ces mots qui sont abstraits pour elle alors qu'elle ne pense qu'à s'amuser !! Le plus drôle, malgré ses difficultés, c'est qu'elle se débrouille très bien dans d'autres domaines comme la lecture, les homophones, les règles d'orthographe, les opérations.
Je voudrais poser une question à toutes et tous : avez-vous regardé vos propres cahiers de CP ou de CE1 ? Qu'est-ce que les enseignants et les enfants devaient s'ennuyer !!!!
Je vous remercie de m'avoir lu jusqu'au bout.
Stéphanie Holsenburger
11 novembre 2007

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