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Apprendre à lire |
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Bonjour,
Je suis une collègue retraitée. J'ai enseigné par choix en classe de CP, en sixième SES, et à des enfants en situation d'échec.
J'ai eu le désir constant d'apprendre à lire à TOUS. Ce « moteur » m'a poussée à chercher à faciliter l'apprentissage de la lecture.
Après avoir pratiqué durant ma carrière plusieurs méthodes, j'ai mis au point une méthode personnelle, attrayante et efficace pour tous les enfants.
À mes débuts, j'ai utilisé la méthode syllabique. Il était très difficile pour certains de combiner les lettres. C'était fastidieux et peu intéressant. Puis, ce fut la méthode mixte à départ global. Pour quelques-uns, les mots étaient difficiles à retenir et il fallait aussi combiner les lettres.
Ensuite, la méthode phonologique, avec « j'entends », « je vois », ce qui était mieux, mais certains avaient des difficultés. J'ai compris que l'étude des sons composant un mot oral était un pré-requis obligatoire.
J'ai mis au point un travail méthodique sur la chaîne sonore des mots (mots familiers concernant affectivement l'enfant, ce qui déclenchait une évocation mentale permettant une activité mentale). J'avais pour objectif la prise de conscience et l'appropriation par l'enfant de la combinaison des sons qui composent le mot oralement ainsi que leur connaissance.
Ensuite, venait l'analyse des mots écrits en relation avec les sons.
Enfin, écriture et lecture de tous les mots.
J'utilisais un manuel pour les textes et les mots contenant les sons (Au fil des mots, Lecture en fête, Gafi...). Je ne connais pas les méthodes Léo et Léa et Borel Maizonny.
Je sais, par expérience, que le plus important est en préliminaire cette prise de conscience de la chaîne sonore et sa reproduction, car nous partons de l'acquis de l'enfant, la parole, et nous utilisons son ouïe de la même manière qu'il l'a utilisée pour apprendre à parler. L'enfant est sécurisé.
Je peux assurer qu'en pratiquant ainsi, apprendre à lire devient facile. Bien sûr, plus ou moins rapidement selon les enfants, mais tous peuvent y arriver.
Geneviève Brunaux
Périgueux (24)
2 mars 2005
Après trois ans d'enseignement au CP mais surtout après quelques autres passées au cycle 3, j'en suis arrivée à la même démarche et au même constat que vous concernant le réel intérêt d'une approche régulière et méthodique sur la conscience phonologique comme vecteur d'entrée en lecture.
Outre le fait que celle-ci devienne un « facilitateur » pour la plupart des élèves et augmente ainsi les performances des apprentis lecteurs, elle a également pour avantage de mieux dépister (dès la GS et le CP) les enfants pouvant présenter des difficultés d'apprentissage de la langue. Par la même, nous sommes alors en mesure de prendre ces problèmes en amont et d'éviter ainsi qu'ils ne s'installent durablement. Et ce qui me semble important ici, c'est que nous sommes alors dans la recherche d'une approche constructive des savoirs et non dans une quête de remédiations sans fin qui hélas n'offrent pas souvent les résultats tant attendus...
Et je finirai en disant que je trouve regrettable aujourd'hui, qu'il nous faille tant d'années de doutes et surtout d'erreurs pour en arriver là. Combien d'enfants a-t-on « perdu » par méconnaissance, manque de formation et d'échanges constructifs sur nos pratiques pédagogiques... ?
L. Villeneuve
24 mars 2005
Message à l’attention de Mme Brunaux :
Vos constats m'intéressent beaucoup !
Je travaille avec des enfants en situation d'échec scolaire et... les difficultés de lecture sont souvent fréquentes. J'ai le sentiment que votre méthode touche le cœur du problème.
Pouvez-vous me donner encore quelques précisions à ce propos :
- déroulement d'une séquence d'enseignement type ;
- matériel utilisé ;
- fiches d’activités... ?
D'avance un grand merci !
Angélique Staub, une enseignante motivée
1er octobre 2005
Bonjour,
J'ai lu avec intérêt vos messages. J'ai un petit garçon de 6 ans qui est en CP. Jusqu'aux vacances de la Toussaint, sa maîtresse était contente de son travail. Lors de la reprise en janvier, la maîtresse m'apprend qu'il ne travaille plus en classe depuis novembre. Les maths se passent bien mais pour l'apprentissage de la lecture, il a pris un retard considérable. Que s'est-il passé ???... J'essaie depuis plus de quinze jours de l'aider davantage en révisant à la maison avec les supports de lecture de l'école, des albums, un tableau blanc où se trouve l'alphabet et des mots à revoir écrits et imagés. Il se bloque, me lit n'importe quoi, rien ne sort correctement. Que puis-je faire ? Avez-vous une méthode ? Merci pour votre aide.
Valérie Vitter
17 janvier 2006
Je recherche une grille d’évaluation qui me permettrait de faire un bilan pointant les difficultés d’un enfant de 6 ans qui n’arrive pas à démarrer la lecture. Merci.
Bernadette Ferlay
21 janvier 2006
Bonjour Valérie,
Quelle est la méthode utilisée par la maîtresse ?
Valérie Blanc
28 janvier 2006
Ce message est à l'attention de Mme Brunaux.
Madame,
J'ai toujours enseigné au cycle 3 et cette année, j'enseigne au CP pour la première fois. Je crois que c'est une année très intéressante car elle permet à la maîtresse de se rendre compte des difficultés en lecture et des raisons de celles-ci (et surtout des façons d'y remédier, même avec les enfants des classes supérieures).
J'ai du mal à travailler avec les enfants en difficulté et, surtout, avec une élève arrivée en décembre qui ne reconnaît aucun son, aucun mot (sauf son prénom).
Pourriez-vous me donner quelques conseils en indiquant le contenu de votre méthode : une séance type, la progression (une séquence), le matériel ? Votre méthode peut-elle être utilisée en parallèle avec une autre méthode de lecture ?
Par avance merci.
Anna Carvalho
30 janvier 2006
Bonjour,
Je suis enseignante et je prends chaque après-midi quatre enfants qui ne savent pas lire pour essayer de leur apprendre. Je ne sais plus comment m'y prendre car trois d'entre eux restent hermétiques à la lecture. Je cherche une méthode qui pourrait m'aider et, en lisant ces messages, je me suis dit que cela pouvait peut être nous (moi et les élèves) aider. Merci.
Sylvie Renusson
8 février 2006
Message destiné à Valérie Blanc :
Merci de réagir à mon message.
La méthode appliquée par la maîtresse : les deux, la syllabique et la globale.
Depuis mon dernier message, la lecture est encore difficile. J'ai remarqué qu'il avait plus de facilité lorsqu'il s'agissait d'un album. Le blocage est surtout à la lecture de mots, de syllabes. Je dois lui énoncer les lettres pour qu'il retrouve le son.
J'attends votre aide. Merci.
Valérie Vitter
23 février 2006
Bonjour,
J’ai tardé à donner suite à vos messages à cause de problèmes personnels et de défaut d’ordinateur. Je m’en excuse.
Il est en effet désolant de constater que des enfants entrent dans des difficultés et sont en échec à cause d’erreurs pratiquées par l’adulte enseignant pourtant bien intentionné.
Actuellement, je m’occupe d’une petite fille de CP et là encore je me rends compte que l’essentiel n’a pas été fait, à savoir la conscience et l’étude phonologique de la composition des mots.
En maternelle, L’ALPHABET que l’on s’évertue à apprendre très vite complique l’apprentissage de la lecture : savoir combiner et associer les sons.
Ainsi certains enfants se sentent perdus. Ils n’arrivent pas à apprendre car une étape a été oubliée. Il n’y a pas de logique, pas de fil conducteur en progression, pas d’acquis rassurant avant les notions nouvelles. Les blocages, le découragement, la fuite, l’instabilité apparaissent.
Peut-être que votre petit garçon, Valérie, est dans ce cas.
Mes élèves savaient tous lire et certains rapidement car ils avaient compris comment on fait pour lire et écrire les mots. Ils apprennent seuls.
Je dois ici faire part d’une expérience qui m’a marquée. J’ai pu « récupérer » un enfant particulièrement « en dehors ». On le croyait atteint d’une maladie neurologique. Les examens pratiqués à Bordeaux et à Paris n’ont révélé aucune anomalie du cerveau.
Son bilan psychologique était très lourd. Depuis la GS, il était suivi par une orthophoniste et un pédopsychiatre. Il venait de terminer le CP sans aucun résultat. Au début, il était incapable de se concentrer, il « fuyait », car pour lui tout avait été trop difficile.
Avec ma méthode naturelle, logique et structurée, accessible à tous (il en est la preuve) et beaucoup de patience, j’ai pu ouvrir cette porte du savoir qu’il avait fermée et l’entraîner vers la conscience et le désir d’apprendre. Ce fut long mais il sait lire alors qu’il était destiné à devenir illettré.
Il me semble difficile de décrire ma pratique ici. Je crois qu’un contact téléphonique serait plus approprié. Contactez-moi par mail : brunaux@wanadoo.fr. Je suis à votre disposition.
Geneviève Brunaux (Périgueux)
26 février 2006
Il est parfois plus facile de dire ce qu'il ne faut pas faire pour aider nos élèves.
En premier, ne surtout pas apprendre l'alphabet aux élèves, c'est à dire le « nom » des lettres mais le phonème lié au graphe. Il est difficile ensuite pour les élèves de comprendre que le phonème prononcé ne correspond pas à l'alphabet appris. Avec 26 lettres/36 phonèmes/140 graphèmes, il y a de quoi perdre nos élèves alors autant aller lentement sans ajouter des obstacles.
En second, il faut arrêter de mettre en opposition des phonèmes qui sont proches t/d, f/v, p/b... ce qui met sciemment et inutilement en difficulté les élèves, soit parce qu'ils n'ont pas la conscience phonologique pour discriminer, soit parce qu'ils ont des difficultés pour se repérer dans l'espace. Et s’ils arrivent à faire l'exercice, c'est tout aussi inutile puisqu'ils ont déjà les compétences pour le faire... Il vaut mieux travailler les phonèmes et les graphèmes « problématiques » sans les mettre en opposition et en laissant du temps entre les acquisitions.
Ensuite, travailler à l'oral et à l'écrit l'axe de la phrase, segmenter en mots, écrire au moyen de deux couleurs les différentes syllabes des mots. La méthode gestuelle qui fait correspondre un geste à un phonème est une aide précieuse lors des premiers mois de l'apprentissage.
Enfin, mettre en recherche les élèves sur des lectures de textes en compréhension orale d'abord : de qui parle-t-on ? de quoi ? (Qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien ?).
Voilà quelques idées livrées en vrac.
Jacques Chabert
Professeur des écoles, formateur Casnav à Montpellier
7 mars 2006
Message à l'attention de Valérie Vitter,
J'ai enseigné pendant 17 ans dans des classes de CP-CE1 et, depuis 8 ans, je m'occupe d'élèves en grande difficulté. Les quelques éléments que vous donnez sur les difficultés de votre enfant et sur le processus d'apprentissage mis en œuvre dans la classe (je n'aime pas le mot méthode) ne seraient être suffisants pour vous donner « la » solution. D'ailleurs, je crois qu'il faut être modeste en la matière et ne pas oublier que ce n'est pas « nous » les enseignants, ni « nous » les parents qui apprenons à lire à nos élèves ou à nos enfants, ce sont eux « qui s'apprennent à lire » et croyez bien qu'ils n'apprennent pas tous avec la « méthode » que nous avons essayé d'employer. Dans cette extraordinaire aventure, nous ne pouvons qu'être les incitateurs, les tuteurs, les médiateurs. Mais notre désir passe souvent avant celui de l'enfant qui se retrouve quelquefois sous « pression », une pression qui peut devenir angoissante. Alors attention à ne pas trop « mettre la pression », il faut savoir aussi donner du temps, d'ailleurs contrairement à ce que l'on dit, la plupart des enfants apprennent à lire, alors essayons de ne pas être les plus angoissés. J'ai pu souvent observer que, dans le déroulement de ce processus d'apprentissage, il y avait des évolutions par phases, avec des phases au cours desquelles tout semblait s'embrumer dans la tête de certains élèves. C'est peut-être ce qui arrive actuellement à votre enfant. Alors un peu de patience, il peut « rebondir » dans quelques semaines et vous étonner. Ce qui lui arrive est peut-être aussi à mettre en lien avec les stratégies qu'il a déjà mises en place. Vous parlez de lectures d'albums qui se passent plutôt bien, mais des difficultés dans la lecture de mots. Ces quelques indications me laissent à penser que votre enfant est plutôt en quête d'une lecture intelligente, c'est-à-dire celle qui permet de mettre du sens et donc du plaisir. Il affectionne donc qu'on lui fasse la lecture (ce qu'on a fait depuis qu'il est tout petit, est-ce que je me trompe ?) et il connaît des albums par cœur. Il en est tout autrement quand il s'agit de lire des mots, surtout des mots inconnus, la démarche n'est pas la même et le plaisir non plus. Il est donc possible que votre enfant qui a sûrement une très bonne mémoire (est-ce que je me trompe ?) ait privilégié la reconnaissance globale des mots et qu'il ait pour l'instant complètement délaissé la stratégie de décodage. En général, ces élèves s'en tirent plutôt bien jusqu'au début du deuxième trimestre (tout dépend de la longueur de la phase globale et du moment où l'on a commencé à parler de « sons » et de syllabes). Les choses deviennent en effet plus ardues ensuite, car la découverte de mots nouveaux ne peut se faire uniquement par la mémorisation visuelle. Les élèves peuvent alors soudain se sentir en échec et en insécurité face à l'écrit, alors qu'ils avaient l'impression de bien réussir et même très bien réussir jusque-là. Ces élèves vont, pour compenser, investir davantage d'autres domaines, comme les mathématiques par exemple (ils diront alors « moi je suis fort en maths ») . Il conviendrait donc de savoir plus précisément où en est votre enfant dans sa connaissance du code phonologique (c'est-à-dire dans la connaissance du rapport entre « sons » et graphème). Attention quand vous dites que vous lui dites les lettres, le recours aux lettres peut être un obstacle, c'est de « sons » dont il faut parler. L'aide qu'on peut lui apporter peut relever de cette indication, mais attention il ne s'agit pas pour autant de délaisser tout le plaisir de la lecture d'albums. Il me semble d'abord indispensable d'en parler avec l'enseignant(e), voire avec les enseignants spécialisés qui interviennent dans les écoles au sein des Rased (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).
Michel Richard, enseignant dans une UPI (unité pédagogique d’intégration),
collège Jean Rostand de Thouars.
17 mars 2006
En réponse à Jacques Chabert,
Je ne suis pas sûr qu'il soit plus facile de dire « ce qu'il ne faut pas faire ». Les certitudes d'aujourd'hui seront peut-être mises à l'index dans quelques temps. C'est bien ce qui est arrivé avec les « méthodes dites globales » (et non naturelles, comme il a été que trop écrit). Pendant plusieurs décennies, on a prôné les vertus d'une approche globale. Il fut même un temps où l'emploi de livres d'apprentissage de la lecture était peu apprécié (et c'est un euphémisme) de certains inspecteurs(rices). L'arrivée des thèses cognitivistes ont complètement inversé les discours, on ne parle plus que de conscience phonologique et de l'indispensable connaissance du code grapho-phonologique. Un virage à 180°, qui nous replonge dans des théories d'apprentissage de la lecture d'avant 68. Qu'en sera-t-il demain ? Au fil du temps et des réformes, ma philosophie en matière de pédagogie est devenue celle du « doute », c'est-à-dire une attitude qui consiste à ne rien rejeter, à ne rien adopter d'emblée et à prendre garde aux certitudes de certaines chapelles. Vous enjoignez de ne pas apprendre les lettres de l'alphabet, ce qui peut être une source de confusion, dites-vous, quand l'élève apprend à lire. J'ai souvent entendu cette affirmation et en particulier chez les orthophonistes. Après quelques années d'expérience dans des classes de CP-CE1, je souscrivais également à cette idée. J'en suis beaucoup moins certain aujourd'hui. Pendant quelques années, j'ai travaillé en Rased et j'ai utilisé l'évaluation MEDIAL CP et MEDIAL CE1. Dans cette évaluation, on demande à l'élève de dire « les noms » des lettres de l'alphabet, ces lettres sont placées dans le désordre. Quelles conclusions ai-je tiré de ces investigations ? C'est, qu'en général, les élèves qui connaissent leur alphabet au début du CP réussissent en lecture au cours de l'année. J'ai, dans d'autres circonstances, vérifié cette connaissance chez des adolescents du collège et je me suis rendu compte que ceux qui n'étaient pas lecteurs, méconnaissaient aussi leur alphabet. Quelles conclusions tirer de cela ? C'est peut-être que les enfants de CP qui ont appris l'alphabet et qui l'ont mémorisé, ont été très tôt intéressés par le mode mystérieux de ces signes que sont les lettres. Et que la curiosité de ces enfants les ont amenés à interroger ces signes pour en percer le mystère. Ils étaient déjà bien avant d'entrer au CP des « chercheurs ». Par la mémorisation des noms de ces lettres, peut-être ont-ils le plaisir d'avoir percé une partie du mystère. Mais pour ceux-là, la quête ne s'arrêtera pas là, ils iront plus loin, poussés par le désir de savoir, et ils passeront tous les obstacles et « s'apprendront à lire », malgré la difficulté d'un code, il est vrai, très complexe. Pour les autres, ce n'est pas tant la problématique liée à la confusion qui peut naître de la distorsion entre « nom » des lettres et « son » produit par ces lettres qui est la cause principale de leur difficulté. Leur méconnaissance est, me semble-t-il, la résultante d'un désintérêt pour l'écrit. Ceux-là ne seront pas des Champollion. Alors faut-il leur apprendre l'alphabet ou au contraire se méfier de ce rapport ambigu entre « lettres » et « sons » ? Je ne sais pas, car dans ma pratique, j'ai toujours privilégié une approche phonologique et n'ai jamais tenté un apprentissage préalable de l'alphabet. Mais d'autres l'ont peut-être fait ?
Je reviendrai une autre fois sur le mise en opposition v/f, p/b, d/t... que vous évoquez.
Michel Richard, enseignant dans une UPI (unité pédagogique d’intégration),
collège Jean Rostand de Thouars.
17 mars 2006
Message pour Valérie Vitter,
Si votre enfant bloque sur la lecture de mots et de syllabes et qu’il a plus de facilité avec un album, c’est que, pour lire, il doit s’aider principalement du sens et du contexte.
Ce n’est pas un mal mais il faut qu’il comprenne qu’en lisant ainsi, il peut faire des contre-sens ou mal comprendre un texte. Lire, c’est aussi être capable de déchiffrer n’importe quel mot inconnu hors contexte.
Il semble que ses difficultés portent donc sur l’acquisition du code proprement dit. Je vous conseillerais donc de revoir tous les sons (à petites doses bien-sûr) à l’aide d’une méthode gestuelle qui associe lettre, son et geste afin de permettre une meilleure mémorisation du son produit par la ou les lettre(s) : il s’agit d’une méthode appelée Borel-Maisonny.
Si vous souhaitez de plus amples informations, vous pouvez m’écrire à cette adresse : valerie.blanc@laposte.net.
Si la maîtresse pense qu’il a un retard considérable, en avez-vous parlé ensemble ? A-t-il été question d’une éventuelle prise en charge par un orthophoniste ?
Cordialement.
Valérie Blanc, enseignante au CP
28 mars 2006
Monsieur Chabert, je suis ravie de lire vos propos sur l'apprentissage de la lecture. Je n'ai jamais enseigné au primaire mais, à la rentrée prochaine, je me suis portée volontaire afin d'apprendre à lire à quinze élèves. Je souhaite donc, s'il vous est possible, avoir d'autres idées ou fiches sur l'apprentissage de la lecture. En vous remerciant.
Éliane Therméa, certifiée de lettres académie de la Réunion
14 avril 2006
Bonjour et merci pour vos conseils.
Je vous prie de m'excuser pour le temps qui s'est écoulé mais comme vous vous en doutez j'aide Jimmy.
Tous vos conseils se rapprochent : les sons. Ensemble, à la maison, il travaille la lecture avec la méthode de Borel-Maisonny qui l'aide. J'ai d'ailleurs repris contact avec un pédo-psychiatre, mais suite à son départ en retraite, nous attendons la prise de fonction d'une nouvelle personne. C'est long... Cependant, son comportement est différent entre la maison et l'école. La lecture est en progression à la maison mais il ne veut pas travailler en classe. Je consulte souvent la maîtresse avec qui j'ai d'ailleurs rendez-vous prochainement pour discuter de son passage en CE1 ou d’un éventuel redoublement. Je pense qu'avec ses difficultés, les relations entre lui et l'enseignante sont devenues difficiles. Il pleure chaque matin quand je le dépose à l'école. Je sais que mon garçon a des capacités qu'il refuse de montrer en classe. Il s'est buté. Je crains qu'il s'ennuie avec un redoublement et qu’il continue à ne pas travailler s'il s'agit de la même maîtresse. Je crains également qu'avec un passage en CE1, il ressente un certain retard. Il a encore plus de 3 mois pour maîtriser la lecture et je sais qu'un enfant peut progresser rapidement (s'il le veut).
Je ne sais plus quoi faire.
Salutations.
Valérie Vitter
23 mai 2006
Bonjour,
Voilà, je viens de lire tout ce qui précède avec énormément d’attention mais aussi, à vrai dire, avec des larmes aux yeux en me rendant compte que mon fils et moi étions dans la même impasse et à peu près dans le même contexte que Valérie et son fils.
Mon fils a 6 ans et est en 2e primaire (à Genève), ce qui équivaut au CE1 en France, si je ne me trompe pas…
Depuis qu’il a commencé l’école enfantine, à 4 ans, il a gardé la même maîtresse avec qui cela devient de plus en plus difficile de collaborer (j’étais déjà très mécontente que ce soit à nouveau elle surtout pour cette première année très importante). Je me suis d'ailleurs pris le bec avec elle en lui expliquant que ce n’est pas sa manière d’enseigner que je remets en cause mais juste le fait que, des fois, il peut arriver que ça ne passe pas entre un enfant et son enseignant(e). Mais elle insiste pour dire que l’échec de l’apprentissage de lecture n’a rien à voir avec l’enseignant.
Cependant, je trouve qu’elle n’arrête pas de lui mettre la pression (ainsi qu’à moi évidemment) et de le rabaisser… Elle est constamment derrière nous ! Ça en devient infernal au point que mon fils n’a même plus le plaisir ou la motivation d’apprendre la lecture. Pour information, elle utilise surtout la méthode syllabique. J’essaie de le faire travailler autant que je peux à la maison (car étant maman seule et active, il n'est pas toujours évident de trouver le temps nécessaire). Mais, même à la maison, je ne sais plus comment faire car on dirait qu’il a essuyé un certain nombre d'échecs. Et, effectivement, j’ai bien l’impression qu'il y a un épisode manquant dans son apprentissage. Je souhaiterais l’aider mais je ne sais pas vers quel(s) spécialiste(s) me tourner… Car il y a encore peu de temps, j’ai consulté son pédiatre ainsi qu'un neuropédiatre (ou quelque chose de ce genre) qui lui ont fait passer des tests pour son âge et son niveau, qui, apparemment, s'avéraient positifs sur le plan intellectuel. Je souhaiterais aussi l’aider personnellement, mais dans un autre esprit que celui qu’utilise sa maîtresse, en espérant qu’il arrive quand même à passer l’année d’ici là et qu’il changera enfin de maîtresse, car je le répète, c’est devenu infernal : même lorsque je constate de beaux progrès, il faut qu’il y ait une remarque ou un commentaire négatif sur le carnet de la part de sa maîtresse pour me faire perdre espoir.
J’attends de vos nouvelles avec beaucoup d’espoir et vous en remercie énormément d’avance.
Marina FC (Genève)
26 novembre 2006
J’ai lu avec attention tous les messages mais je suis toujours perdue. Je suis maman de deux enfants dont Maxime, 6 ans, en classe de CP.
L'apprentissage de la lecture est un désastre pour lui et je suis à la fois découragée, en colère contre moi-même et impuissante face à ça. Il y a quelques heures, je quittais le bureau de sa maîtresse (encore une fois !!). Le constat : Maxime s'obstine à ne pas travailler en classe ; la maîtresse l'a placé dans le groupe des plus faibles car il ne sait toujours pas lire au mois de janvier. La maîtresse parle déjà d'un redoublement. Nous n'arrivons pas à le comprendre : Maxime est un enfant très curieux, très vif, il parle et pose des questions sans arrêt, il mémorise très facilement. L’institutrice dit même que son vocabulaire est très riche pour un enfant de 6 ans. Les apprentissages en maths sont bons et l'écriture est tout à fait lisible MAIS LA LECTURE… !!
Je suis allée acheter des bouquins afin de l'aider à la maison, je reprends ses travaux du jour avec lui, je le fais travailler à la maison sans que ce ne soit une corvée mais rien n'y fait.
Maxime est un enfant dégourdi, curieux. Il apprend la guitare avec facilité et manie l'outil informatique aisément. Son père et moi avons toujours tout fait pour « préparer le terrain » pour qu'il ait tous les éléments en main propices à un bon apprentissage. Mais là je suis perdue.
Depuis plus d'une heure, je lis tous les sites concernant mon problème et j'entends : DYSLEXIE, ILLETRISME et, surtout celui qui me fait le plus peur, DYSPRAXIE.
La maîtresse me dit qu'il est capable mais qu'il ne veut pas. Elle me demande d'essayer de le faire réagir : punition, menace, privation de sortie scolaire… Aidez-moi. Dois-je voir un spécialiste ? Si oui, lequel ? Ou dois-je simplement continuer comme ça avec de la patience et une menace de redoublement ?
Delphine B. (Nord)
25 janvier 2007
Comme je l’ai dit plus haut, je suis tout à fait d’accord avec Jacques Chabert (voir message du 7 mars 2006) lorsqu’il écrit ce qu’il ne faut pas faire (nom des lettres et mise en opposition de certains phonèmes).
Bien sûr, Michel Richard, que certains enfants « les chercheurs » sauront faire « avec » un peu plus tôt un peu plus tard (ils auraient appris plus vite s’ils avaient connu la chaîne sonore avant et leurs facultés de chercheur auraient fonctionné aussi pour établir rapidement des relations). Mais pour les autres qu’en est-il ? Est-ce une bonne chose de leur compliquer la tâche ?
Le nom des lettres ne devrait apparaître pour eux et pour tous qu’après l’étude de leur son. Pour moi c’est une évidence après expérience.
Voici comment je développe la conscience phonologique, départ indispensable à un apprentissage facilité et logique.
- En premier lieu, épeler en sons le nom des choses, objets, qui font partie de notre environnement ainsi que les parties du corps. L’enfant devra deviner de quoi il s’agit. Surtout ne pas dire le nom des lettres mais leur son. Lorsque cet exercice oral sera bien acquis (c’est facile), c’est lui qui, à son tour, devra épeler pour nous faire deviner. L’épellation sera plus facile pour nous, en dehors de l’entraînement à dire les sons, car nous pouvons visualiser l’écriture des mots. Tandis que l’élève devra entendre tous les sons qui forment le mot. Avec des répétitions, des reprises, il y arrivera de mieux en mieux.
L’objectif de ce travail est de faire prendre conscience à l’enfant que le mot est formé d’une succession de sons, en même temps il va avoir connaissance des sons qui existent.
- L’étape suivante sera la décomposition de mots représentés par un dessin en syllabes et sons selon une progression, sans puis avec l’écriture (correspondance sons/écriture).
L’objectif étant d’apprendre à écrire et lire correctement les mots et de mémoriser tous les sons. Cela va éviter les nombreuses difficultés rencontrées par les enfants lors des dictées.
Il est difficile de décrire ici cette progression. Voici ma nouvelle adresse : brunaux@cegetel.net.
Geneviève Brunaux, enseignante retraitée, Périgueux
23 janvier 2008
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